- Caricature Mahomet
Réponse à Bernard Dréano (Michel Renard) et suites...
Réponse à Bernard Dréano (Michel Renard) et suites...
Bernard Dréano





Réponse à Bernard Dréano *

un pas de plus dans la compromission
avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques
des islamistes...!

Michel RENARD




* Après lecture de l'article de Bernard Dréano, intitulé "Les doubles mâchoires du piège" sur Oumma.com (dimanche 12 février 2006)



Et un pas de plus dans la compromission avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques des islamistes...!

Après la laïcité (islamophobe
, bien sûr) et les droits des femmes (qu'il faut culturaliser pour leur être mieux fidèles, bien sûr), voilà la liberté d'expression qui est brocardée au nom d'une alliance sans principes avec les petits soldats du fondamentalisme Frère Musulman.

Bravo...! quel chemin pour un leader de l'anti-impérialisme des années 1980. Et quelle conclusion ne sème-t-on pas dans les esprits... Car si une défense rigoureuse de la laïcité, des droits des femmes et de la liberté d'expression conduit à être placé dans le camp "islamophobe" et "raciste", quelle raison d'être "islamophile" (éventuellement), "anti-raciste" et "anti-impérialiste" ? Le Cedetim recruterait-il désormais pour de Villiers ?

Et la compromission ira s'accentuant car vous n'avez plus de principes
, donc plus de moyens de raisonner face à la logique des fondamentalistes qui, eux, ont logique et principes. Votre seule préoccupation, c'est le "terrain", la "base de masse" censée être celle des islamistes dans la jeunesse. Vous êtes donc conduits à fermer les yeux sur ce que révèle, peu à peu, ce mouvement de ses convictions profondément réactionnaires. Cela ne rappelerait-il pas la politique suicidaire du Parti communiste allemand sous la République de Weimar ?

On prétend : "lutter aux cotés de ceux qui sont opprimés par ces cléricalismes"... Mais, la réalité, c'est qu'ils sont surtout opprimés par des appareils politiques et des clans prédateurs, et cherchent, justement dans ces cléricalismes, les catégories idéologiques de leur combat. On me répondra peut-être, comme les anciens maoïstes : "contradiction principale et contradictions secondaires"... à moins que vous ne soyez carrément passés sur les positions politiques et culturelles des islamistes ? En tout cas des "islamistes" que vous qualifiez "d'ouverts". Mais "ouverts" à quoi ? "ouverts" à quelle régression des principes démocratiques ?


Quand les islamistes reprochent aux États arabo-musulmans leur manque de démocratie, cela signifie : le manque de démocratie à leur égard. Mais quand ils parviennent au pouvoir, que font-ils de la démocratie ? Ils la remisent au magasin des accessoires et imposent les dispositions profondément réactionnaires de la "charî‘a". Et qu'on ne vienne pas me parler du régime "républicain" en Iran : le suffrage universel n'a pas le pouvoir de désigner les vrais dirigeants du pays...!

Voilà où vous en êtes arrivés, le Cedetim, les altermondialistes pro-Ramadan, etc. : à justifier les limites à la liberté d'expression - limites que revendiquent les islamistes et tous les fondamentalistes...! Vous auriez embastillé Voltaire !

Quant à la manière de "mener la lutte pour la liberté de conscience et pour la liberté d'expression, l'une et l'autre et pas l'une contre l'autre", la formule est illusoirement facile...

Dans la réalité, on peut être amené, pour défendre la liberté de conscience de tous, à restreindre la liberté d'expression dans certains espaces : c'est le cas de la loi prohibant les signes religieux à l'école (laïcité). Ou bien, pour défendre la liberté d'expression de tous, non pas de restreindre la liberté de conscience (car elle n'est pas menacée par ces caricatures), mais d'empêcher l'exclusivisme d'une certaine conscience d'infliger ses propres critères aux autres : c'est le cas de la défense de la liberté d'expression à l'égard des religions ou des idéologies.

Michel Renard, directeur de
l'ex-revue Islam de France


* Bernard Dréano est dirigeant du Cedetim et d'un réseau appelé (avec quelle légitimité ?) "l'Assemblée européenne des citoyens". Il est signataire de l'appel des "Indigènes de la République" et a participé au collectif anti-laïcité "Une école pour tous-tes".





Réponse de Bernard Dréano

Bernard DRÉANO, par courriel


Organisateur de rencontres avec Salman Rushchdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses, compagnon de combat de militants afghans ou irakiens tués par les islamistes radicaux, toujours engagé dans la lutte contre les fascistes de l'extrémisme islamique, (y compris et surtout en France), je ne vois pas pourquoi je devrais maintenant ipso facto m'enroler dans l'Union Sacrée islamophobe à la manière de Philippe Val et consort.

Evidemment il est plus simple de m'attribuer des positions idiotes que d'argumenter. Moi je part des pratiques réelles des gens rééls ce qui me conduit, sur le terrain à combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans, chrétiens ou athés, ici ou la bas, contre les frères musulmans tendance Hamas ou PJD, et pas à esquiver ces luttes au nom de la "laïcité" contre tous les musulmans.

Je prèfère toujours la laïcité et l'anticolonialisle de Jaures et de Louise Michel à celles de Combes et de Jules Ferry.

Mais libre à vous de preferer l'Union sacré et de croire que Tariq Ramadan est un fils naturel d'Hitler...

Sera-t-il possible un jour de parler de ces questions sérieusement?

Bernard Dreano





Réponse à la réponse

Michel RENARD


"Organisateur de rencontres avec Salman Rushdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses"... c'est bien ce que je dis : les temps ont changé. Demandez donc à vos "alliés islamistes ouverts" ce qu'ils pensent de Rushdie... Ils l'exècrent comme les auteurs des caricatures, comme ils exècrent les modernistes musulmans tels l'égyptien Nasr Abû Zaid condamné à l'exil. Ce sont les mêmes qui manifestaient contre Rushdie et qui se démènent aujourd'hui contre la publication des caricatures.

Il n'y a pas plus "d'Union sacrée" aujourd'hui qu'il y en a eu au moment du NON au traité constitutionnel. L'amalgame est trop simple. On peut défendre la liberté d'expression sans épouser les positions de Philippe Val ou celles de de Villiers...

Vous dites : "combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans".

Cette caractérisation est intellectuellement fantaisiste :

- faut-il seulement combattre les djihadistes "enragés" ? les autres, qui sont-ils ? existe-t-il des djihadistes "modérés" ?

- en admettant qu'on ait voulu dire que tous les djihadistes étaient enragés, qu'est-ce qui les sépare des autres islamistes, sur le fond ? Le passage à l'acte, me direz-vous. Mais les différences d'appréciation sur le passage à l'acte ne relèvent que de l'opportunité, ne relèvent que d'évaluations divergentes du rapport des forces et des étapes dans un combat général qui, pour tous les fondamentalistes, est perçu comme devant déboucher sur un État islamique appliquant la sharî‘a. Cela est-il admissible ?

- les "conservateurs tablighis" sont, peut-être plus conservateurs que les islamistes dans le sens où ils refusent tout rôle à la femme (sauf celui de faire la cuisine pendant que les hommes effectuent les "khourouj", sortie missionnaire...!), mais tous s'entendent pour une nette séparation des hommes et des femmes dans la société, et la subordination de ces dernières aux premiers. Les "amis musulmans" du Cedetim fondent leur pensée sur celle de Hassan al-Bannâ pour qui «la société musulmane n'est pas une société mixte, mais une société monosexuelle ; il y a donc des "sociétés pour les hommes" et des "sociétés pour les femmes". La mixité est pour lui une coutume importée de l'Occident, donc étrangère à l'islam» selon la sociologue Leïla Babès.

- j'aimerais bien savoir comment on peut lutter "contre les frères musulmans tendance Hamas" et faire alliance avec les partisans de Tariq Ramadan qui exultent à la victoire électorale du Hamas.

Quant à l'anticolonialisme de Jaurès... il faut le tempérer par son approbation de l'occupation de la Tunisie, par le fait qu'il a toujours soutenu Jules Ferry dans l'affaire du Tonkin... Même après son ralliement au socialisme en 1893, son attitude "anticoloniale" n'est pas évidente. En 1898 il écrit : "Si quelques fous songeaient à dépouiller la France de son domaine colonial, toutes les énergies françaises et toutes les consciences droites dans le monde se révolteraient contre une pareille tentative" (9 novembre). En 1903, il déclare à la Chambre : "Oui il est à désirer, dans l'intérêt même des indigènes du Maroc comme dans l'intérêt de la France, que l'action économique et morale de notre pays s'y prolonge et s'y établisse" (20 novembre). Jules Ferry aurait dit la même chose... et Eugène Étienne, du parti colonial, partageait de telles vues.

Et si Ferry avait dit "races inférieures" (sans qu'il n'y ait ni le mépris ni le "racisme" dont ces termes furent porteurs plus tard), Jaurès, lui, parlait de "peuples enfants". La croyance en un "devoir de civilisation" était commune à Ferry et à Jaurès.

Quant à Émile Combes, il fut, lorsqu'il était sénateur, l'auteur d'un rapport sur les médersas qui enjoignait de restaurer l'enseignement religieux dans ces écoles franco-arabes en Algérie. Comme quoi, les convictions laïques les plus fortes ne sont pas synonymes d'islamophobie...!

"Tariq Ramadan, fils naturel d'Hitler". Étrange coïncidence... Je viens de lire le roman de Harry Mulish, Siegfried. Une idylle noire (Folio, octobre 2005) dans lequel il est question du fils du Führer et d'Éva Braun... Mais passons...

Je n'ai jamais dit ni écrit une telle chose à propos de Ramadan. J'ai seulement rappelé qu'il ne reniait rien de sa filiation, c'est-à-dire la pensée de Hassan al-Bannâ, et que celui-ci ayant dit que l'islam est "la religion qui contient un gouvernement", on ne pouvait ensuite, sans rétention mentale ni esprit manoeuvrier, approuver sincèrement la laïcité qui dit que religion et gouvernement sont deux sphères distinctes.

J'ai également souligné que la référence mondiale des Frères Musulmans et de Tariq Ramadan est le cheikh Qaradawî qui écrit : «L'Islam rejette totalement cette fragmentation entre ce qu'on appelle religion et ce qu'on appelle l'État : du point de vue de l'islam, tout relève de la religion, tout relève de la Loi». Comment peut-on avoir pour "amis" (au sens politique, j'entends) de tels partisans du totalitarisme religieux...?

Aucun des dirigeants du Cedetim, ni aucun leader altermondialiste, qui ont fait alliance avec Tariq Ramadan, n'ont jamais répondu "sérieusement" à ces questions.

Michel Renard
directeur de l'ex-revue "Islam de France"



- Michel Renard : Ma vérité sur les caricatures de Mahomet





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Posté le 12/02/2006 à 18:38:42 (id:21816)
Les élus témoignent du calme des musulmans français
Les élus témoignent du calme des musulmans français
manifestation à la sortie de la mosquée d'Évry







Les élus témoignent du calme des musulmans français

Les musulmans français "ne sont pas dupes de ce qui se passe
à Téhéran ou à Damas
", Manuel Valls

Béatrice GURREY et Isabelle MANDRAUD



La vague de manifestations, violentes ou pacifiques, provoquée dans de nombreux pays par les caricatures de Mahomet, n'a pas suscité semblables mouvements en France, malgré la publication par Charlie Hebdo de dessins controversés. Si deux manifestations étaient prévues, samedi 11 février — l'une à Paris, l'autre à Strasbourg —, aucune des deux n'était organisée par les grandes fédérations adhérentes du Conseil français du culte musulman (CFCM). Les élus interrogés par Le Monde, s'ils restent vigilants, ne ressentent pas, sur le terrain, de fortes tensions. Ils l'expliquent par une habitude de dialogue avec la communauté musulmane, par une volonté d'apaisement de tous les acteurs, ou par le fait que, souvent, les musulmans de France "ne sont pas dupes de ce qui se passe à Téhéran ou à Damas", comme le souligne Manuel Valls, le maire socialiste d'Evry.

Le député de l'Essonne a pris connaissance d'une petite manifestation dans une commune voisine de la sienne, Longjumeau, et admet, après une discussion avec le recteur de la mosquée d'Evry, que celui-ci "reste prudent". Mais, dit-il, "les gens ne tombent pas dans le panneau : l'immense majorité des citoyens français musulmans connaissent notre capacité à débattre dans ce pays". L'élu, qui déplore "tout ce qui peut conforter le sentiment de victimisation de l'islam", fait la part des choses. "Nous avons à construire un islam de France", affirme-t-il.

À Marseille, qui compte 130 000 musulmans, le premier adjoint au maire, l'UMP Renaud Muselier, met l'accent sur la longue tradition multiculturelle de la ville. "Chez nous, les autorités religieuses se parlent et le font savoir à la presse. Personne ne cède à la provocation. Nous sommes tous des républicains", souligne l'ex-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères. Cette ancienne casquette le sert, assure-t-il, lorsqu'il lui arrive d'être interpellé dans la rue par des musulmans. "Alors que la situation internationale est très instable, je leur explique que ces caricatures ne sont pas dirigées contre eux. J'ai un crédit pour dire cela", dit-il. Des musulmans et des juifs lui ont aussi téléphoné pour lui dire "combien ils étaient blessés et que cela n'était pas acceptable", témoigne-t-il, mais " tout le monde veut trouver des solutions".

A l'autre bout de la France, Jean-Marie Bockel, maire socialiste de Mulhouse, affiche sa sérénité : "Il n'y a pas de débat local, dit-il. Cela peut venir mais pour l'heure, on ne voit pas apparaître de problèmes d'ordre public." De nombreux élus partagent son point de vue et se montrent soucieux de ne pas ajouter d'huile sur le feu. "Les gens en discutent avec moi, mais comme de tout événement médiatisé", raconte Patrick Braouezec, député communiste de Seine-Saint-Denis, qui se demande "si l'on n'est pas en train d'alimenter la polémique par une surmédiatisation". Un autre élu du département, le socialiste Bruno Le Roux, ne sent "pas la nécessité de faire de la prévention" et il y voit la preuve que les musulmans de France sont "attachés à leur pays et à la liberté de la presse".


UNE COMMUNAUTÉ "CHOQUÉE"

A Vénissieux, le maire communiste, André Gérin, confirme : "C'est calme. Les musulmans se sentent concernés mais ne réagissent pas." "Il existe en France un islam tolérant auquel il faut tendre la main, et des musulmans qui ne se laissent pas manipuler", précise-t-il.

Le maire UDF de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, se montre plus nuancé : "Les gens ne m'en parlent pas dans la rue, mais l'émotion est réelle dans la communauté musulmane, qui est choquée, blessée", mais reste cependant "méfiante à l'égard des intégristes et voit bien des tentatives de manipulation venues de l'étranger". Les associations musulmanes ont averti la mairie qu'elles manifesteraient, samedi à Paris, "dans une démarche républicaine", note M. Lagarde.

À Lille, où les représentants religieux catholiques, juifs et musulmans ont dénoncé ensemble, jeudi 9 février, "les amalgames faits par les caricatures à l'encontre des musulmans" tout en déplorant la "violence des réactions et leur instrumentalisation", la maire socialiste, Martine Aubry, résume d'un mot la situation : "calme". "La liberté d'expression ne se discute pas, affirme l'ancienne ministre, même si, ajoute-t-elle, ces caricatures, et notamment l'une d'elles, qui laisse à penser que les musulmans dans leur ensemble sont des terroristes et que leur prophète en était un, les ont choqués et je les comprends."

La situation est un peu plus compliquée à Strasbourg, où une manifestation est organisée, samedi, par le président du Parti des musulmans de France, Mohamed Latrèche, connu pour véhiculer des slogans antisémites. "Je ne peux que désapprouver cette manifestation, dit le premier adjoint de la ville, l'UMP Robert Grossmann. La communauté musulmane, qu'il ne représente pas, a besoin d'un dialogue constructif et de calme et c'est ce que nous nous faisons, avec la maire, Fabienne Keller." Pour lui, cette manifestation constitue "un mauvais coup pour tout le monde et en premier lieu pour les musulmans".

Béatrice Gurrey et Isabelle Mandraud
Le Monde 12 février 2006


- source de cet article : Le Monde



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Posté le 12/02/2006 à 11:22:04 (id:21607)
Contre la publication des caricatures de Mahomet : manifestations à Paris
Contre la publication des caricatures de Mahomet : manifestations à Paris
La manifestation à Paris (AP)






Contre la publication des caricatures
de Mahomet : 3 à 7000 manifestants musulmans à Paris le samedi 11 février


Environ 7.200 personnes, selon les estimations de la police, ont manifesté samedi après-midi 11 février à Paris à l'appel d'associations musulmanes franciliennes, dans le but de protester contre la publication des caricatures de Mahomet.
Le cortège est parti à 14h30 de la place de la République, et s'est dirigé vers Nation. Les manifestants ont marché groupés derrière une grande banderole proclamant: "respect des religions, liberté d'expression... pas de contradiction".
"Nous voulons montrer, en manifestant pacifiquement et légalement, que nous avons été profondément blessés par la publication de ces caricatures", a déclaré Fayçal Menia, porte-parole de l'Union des associations musulmanes (UAM) de Seine-Saint-Denis.
De nombreuses manifestations, pacifiques ou violentes, ont eut lieu à travers le monde suite à la parution des caricatures du prophète Mahomet dans un journal danois. Ces caricatures ont, ensuite, été reprises par des journaux français et européens, notamment France Soir.


- source de cet article : Nouvel Obs.com





Plusieurs milliers de manifestants à Paris
contre les caricatures


Plusieurs milliers de personnes -7 200 selon la police- répondant à l'appel de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis ont manifesté samedi 11 février après-midi à Paris pour dénoncer la publication de caricatures de Mahomet dans la presse française, et appeler au respect des religions.

Les manifestants ont défilé en scandant "On touche pas au Prophète!", "Liberté de Culte, cessez les insultes!", ou encore "Allah O Akbar!".

Les participants brandissaient pour certains d'entre eux des exemplaires du Coran, des drapeaux verts -la couleur de l'Islam- ou encore des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Non à l'islamophobie", "Musulmans français, on a droit au respect", "Respect des religions, liberté d'expression, pas de contradiction".

"Nous avons pris la décision de manifester pour dire à l'opinion publique française que nous avons été profondément blessés par la reprise dans France Soir et dans Charlie Hebdo des caricatures publiées au Danemark. Nous avons pris ça comme une provocation", a déclaré l'un des porte-parole de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis.

© Jerusalem Post Édition Française
9:51 | 12 février, 2006


- source de cet article : Jérusalem Post, éd. française




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Posté le 12/02/2006 à 11:04:44 (id:21603)
Les prétentions du Hamas : contrôler l'expression démocratique en Europe...!!
Les prétentions du Hamas : contrôler l'expression démocratique en Europe...!!
Khaled Mechaal







Les prétentions du Hamas : contrôler l'expression démocratique en Europe...!!

"l'holocauste est un fait historique discutable"

Khaled MECHAAL, dirigeant du Hamas palestinien




Khaled Mechaal - Le n°1 du Hamas s'explique

RFI - Khaled Mechaal, vous avez proposé de jouer un rôle pour désamorcer la crise née en Europe de la publication de caricatures du prophète Mahomet. Quel rôle le Hamas peut-il jouer ?

Khaled Mechaal - Nous condamnons cet acte et nous condamnons aussi le retard des gouvernements occidentaux pour dénoncer cette campagne provocatrice, le fait qu'ils n'aient pas réagi avec rapidité et efficacité d'autant plus qu'ils voyaient la réaction de la rue musulmane en Orient comme en Occident. Mais comme nous sommes une nation qui se respecte et que nous ne voulons pas de conflits entre l'Occident et l'Orient, nous avons dit que nous, Hamas, nous étions prêts à jouer un rôle pour calmer la rue musulmane à condition qu'il y ait deux initiatives rapides :

premièrement, des excuses officielles des gouvernements occidentaux aux musulmans pour ce qui s'est passé et un arrêt immédiat de ces attaques ;

deuxièmement, que les gouvernements occidentaux s'engagent à promulguer des lois et prendre des mesures pour empêcher la répétition de ce genre d'atteintes .

Il y a un antécédent en Occident, il y a des lois qui empêchent la négation de l'Holocauste alors que c'est un fait historique discutable, donc il faut faire une loi qui empêche de porter atteinte, non seulement au prophète Mahomet mais aussi à tous les prophètes et toutes les religions. Si cela est fait, le Hamas, avec tout le poids qu'il a et la crédibilité dont il jouit auprès des masses musulmanes, peut contribuer à calmer les choses, mais seulement après que ces deux conditions seront remplies.

extrait de l'interview accordée à RFI le 10.2.06





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Posté le 12/02/2006 à 10:54:55 (id:21601)
Des associations musulmanes appellent à manifester à Paris (samedi 11 février)
Des associations musulmanes appellent à manifester à Paris (samedi 11 février)
manifestation à Auckland (Nouvelle-Zélande)
photo: Gary Brandon







Des associations musulmanes appellent
à manifester à Paris

Un appel à manifester samedi à Paris a été lancé par plusieurs associations musulmanes d'Ile-de-France pour protester contre la publication des caricatures de Mahomet




L'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a annoncé mardi 7 février avoir appelé, avec plusieurs autres associations musulmanes d'Ile-de-France, à manifester samedi à Paris pour protester contre la publication des caricatures de Mahomet.
La marche devrait partir de la place de la République samedi à 14h00.
L'UAM fédère une dizaine de mosquées parmi les plus importantes de Seine-Saint-Denis (dont celles d'Aubervilliers, de Bobigny, d'Aulnay, de Gagny, de Neuilly-sur Marne, de Noisy-le-Sec). Elle a indiqué que la décision d'appeler à cette manifestation à Paris a été prise en concertation avec d'autres associations musulmanes franciliennes au cours d'une réunion qui s'est tenue lundi à la mosquée du Pré-Saint-Gervais, confirmant ainsi une information parue dans Le Monde daté de mercredi.

"Loi contre l'islamophobie"

Les associations vont à nouveau se réunir mardi pour décider d'autres actions. Elles envisagent notamment de lancer une pétition demandant la rédaction d'une "loi contre l'islamophobie", qui réprimerait les insultes faites à l'islam.

"Nous pensions que les choses allaient en rester là après la publication des caricatures par France Soir (mercredi dernier, NDLR). Ce qui nous choque, c'est la répétition, et la décision de Charlie Hebdo de republier ces caricatures avec de nouvelles", a expliqué Mohamed Henniche, secrétaire général de l'UAM.
"Il y a des lois pour interdire de s'attaquer aux juifs ou aux homosexuels, ce qui est très bien. Mais lorsque quelqu'un insulte les musulmans ou l'islam, nous ne pouvons rien faire. Nos plaintes ont peu de chance d'aboutir tant qu'il n'y aura pas de loi contre l'islamophobie", explique Youssef Zaoui, président de l'Association des musulmans de Bobigny (AMB).

Provocation

Ce responsable estime que l'affaire des caricatures a été "une provocation mesurée et déclenchée par les journaux".
"J'ai le sentiment que la presse s'est attaquée à l'ensemble des musulmans, plus qu'au prophète. J'en veux aussi aux hommes politiques, qui se sont tus en grande majorité. Lorsque des journaux dépassent les bornes, il faut que les politiques leur disent: attention c'est de l'islamophobie, vous touchez aux musulmans", poursuit Youssef Zaoui, estimant par ailleurs que "lorsqu'il s'agit d'autres confessions, les hommes politiques réagissent immédiatement".

Nouvel Obs.com, 7 janvier 2006


- source de cette information : Nouvel Obs.com




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Posté le 10/02/2006 à 22:30:56 (id:21304)
Fanatiques sans frontières (Alain Finkielkraut)
Fanatiques sans frontières (Alain Finkielkraut)
Alain Finkielkraut





Ma vérité sur les caricatures de Mahomet
Michel Renard et commentaires




Fanatiques sans frontières

Les intégristes islamistes sont des ennemis redoutables :
pour eux, il n'y a pas d'innocents


Alain FINKIELKRAUT



La communication immédiate a vaincu l'espace et le temps. L'intervalle entre le proche et le lointain s'est résorbé. Il y a quelques années encore, ce phénomène nous mettait en joie. Nous nous enchantions de notre morale devenue ubiquitaire. Nous voyions avec émotion la technique se mettre au service de l'éthique. La concordance entre le cosmopolitisme de la téléprésence et l'exigence cosmopolitique tenait, pour nous, du miracle : au moment même où la reconnaissance du semblable en tout homme nous enjoignait de dénoncer le droit souverain des tyrans à massacrer leurs minorités ou leurs opposants à l'abri de leurs frontières, l'image indiscrètement démocratique perçait les plus épaisses murailles. Et cette abolition des distances nous paraissait conduire tout naturellement au rapprochement des peuples.

Nous voici maintenant confrontés à la planétarisation de la haine. Un convive inattendu s'est invité au banquet du sans-frontiérisme : après les médecins, les pharmaciens, les infirmiers, les avocats et les reporters, le temps est venu des fanatiques sans frontières
.

Dans la société civile mondiale que nous appelions de nos voeux, l'ingérence inhumanitaire se fait de plus en plus péremptoire et stridente.

Une infime minorité de ceux qui, du Pakistan à l'Algérie, protestent contre les dessins parus dans le quotidien de Copenhague Jyllands-Posten ­ saurait situer le Danemark sur une carte de géographie. Mais qu'importe la géographie ! A l'âge de l'Internet, tout le monde est partout, nous sommes tous des anges. Et c'est l'horreur.

Quels sont les premiers responsables de cette crise ? «Les dessinateurs et les journalistes qui n'ont pas su tempérer l'exercice de la liberté d'expression par le respect des croyances», disent maintenant la plupart des chefs de gouvernement occidentaux et, avec eux, nombre d'intellectuels. Ces sages oublient que le respect des croyances et la liberté d'expression sont les deux faces d'une même médaille.

Ceux qui combattent la liberté d'expression au nom du respect de leur croyance, méprisent les croyances des autres et le font très ostensiblement savoir.

Les journaux de Téhéran, de Damas ou du Caire regorgent de caricatures vengeresses guignolisant sans vergogne les juifs orthodoxes et diabolisant le Talmud. C'est le douloureux renoncement des convictions à leur absolutisme qui fonde simultanément la liberté d'expression et le respect des croyances. Et c'est à ce renoncement que les élites et les masses islamistes opposent leur sainte colère.

L'image qui a mis le feu aux poudres représente Mahomet coiffé d'un turban en forme de bombe. Image injurieuse, nous dit-on. Lien blessant, lien offensant, lien diffamatoire entre le Prophète et le terrorisme. Sans doute. Mais ce lien, ce ne sont pas les caricaturistes danois qui l'ont établi, ce sont les jihadistes
.

Pourquoi n'y a-t-il jamais eu de manifestation dans le monde arabo-musulman contre les attentats sanglants de New York, de Madrid, de Monbassa, de Bali et d'ailleurs ?

De surcroît, les images des foules furieuses et vociférantes qui saccagent les ambassades scandinaves sont infiniment plus obscènes, infiniment plus caricaturales que les croquis venus de Scandinavie.

Les croyants qui s'estiment outragés et calomniés par une telle représentation de Mahomet répondent en disant : «Kill those who insult islam !» Et ceux qui insultent l'islam, à leurs yeux, ce ne sont pas seulement les auteurs des dessins incriminés, ce sont les gouvernements des pays où ces dessins ont été publiés et les ressortissants de ces pays eux-mêmes.

Cette indifférenciation, c'est l'esprit de la terreur. On tue des innocents parce qu'il n'y a pas d'innocents, il n'y a même pas d'individus, il n'y a que des spécimens. L'anonymat règne : chacun est assigné à son appartenance, chacun est une cible.

Ben Laden n'était-il qu'un hors-d'oeuvre ? Ajoutées au bellicisme nucléaire de l'Iran et au succès électoral des Frères musulmans aujourd'hui en Palestine et demain, sans doute, en Egypte, ces manifestations délirantes nous contraignent de poser la question. Il ne suffit pas, pour vivre dans un monde pacifique, ni même d'ailleurs pour avoir la paix, d'abjurer tout esprit de conquête, de confesser ses crimes et de proclamer urbi et orbi qu'on n'a pas d'ennemis. La preuve : nous faisons ardemment tout cela et force est de reconnaître que, malgré nos efforts, nous avons des ennemis déterminés et redoutables.

Mais attention : ce «nous», ce n'est pas seulement «nous, les Français», «nous, les Européens», ni même «nous, les Occidentaux». Il faut y englober également les musulmans traditionalistes modérés, les musulmans laïques, les femmes musulmanes émancipées ou qui aspirent à l'être, les chrétiens vivant en terre d'islam.

Thomas Mann avait coutume de dire que Hitler n'était pas tombé comme un météore sur le sol germanique et que l'Allemagne, par conséquent, ne pouvait se tenir quitte du nazisme. Mais il ajoutait que l'Allemagne, c'était aussi lui. Eh bien, plutôt que de chercher à amadouer les fanatiques par de pieuses paroles déshonorantes sur l'Autre et les égards qui lui sont dus, il nous incombe d'affirmer notre solidarité sans faille avec tous les Thomas Mann du monde musulman.

Alain Finkielkraut, philosophe
Libération, 9 février 2006


- source de cet article : Libération du jeudi 9 février 2006


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Posté le 10/02/2006 à 11:01:08 (id:21220)
Dalil Boubakeur met en garde contre le "danger pour les personnes"
Dalil Boubakeur met en garde contre le
Dalil Boubakeur et Dominique de Villepin
à la Grande Mosquée de Paris






Caricatures: Dalil Boubakeur met en garde contre le "danger pour les personnes"

"La Grande Mosquée ne peut ignorer ni les risques de troubles
dans la société, ni les conséquences internationales"

déclarations de Dalil BOUBAKEUR



Paris (AP) - Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé jeudi "les musulmans de France au calme" et mis en garde contre le risque de "danger pour les personnes" lors des manifestations, tout en se réservant à nouveau le droit d'engager des poursuites judiciaires contre les publications ayant reproduit les caricatures de Mahomet.

Dans un communiqué, M. Boubakeur fait allusion aux débordements qui ont accompagné certaines manifestations de protestation contre ces caricatures. "La Grande Mosquée ne peut ignorer ni les risques de troubles dans la société, ni les conséquences internationales. Aucun débat ne peut justifier que soit créé un danger pour les personnes", estime-t-il.

"Face aux tensions qui n'ont cessé d'empirer, la Grande Mosquée de Paris appelle les musulmans de France au calme, à ne pas céder aux provocations et à toutes actions susceptibles de troubler l'ordre public", ajoute le recteur.
Evoquant la parution des caricatures en France, Dalil Boubakeur laisse à nouveau planer la menace de poursuites. "Si, pour être entendue, la Grande Mosquée de Paris doit emprunter la voie judiciaire, elle le fera selon le calendrier et les procédés qui lui paraîtront les plus adaptés. L'importance des enjeux est incompatible avec une décision prise dans l'urgence", explique-t-il.

En revanche, il "se réjouit de la déclaration" du président Jacques Chirac. Mercredi, le chef de l'Etat avait estimé que "la liberté d'expression doit s'exercer dans un esprit de responsabilité". Il avait condamné "toutes les provocations manifestes susceptibles d'attiser dangereusement les passions".
Dans une lettre à Dalil Boubakeur rendue publique jeudi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dit se sentir "proche" des musulmans qui ont ressenti la caricature du prophète Mahomet "comme une profanation". "Aucun amalgame ne peut être toléré, ni même suggéré entre une grande religion porteuse d'une part de l'universel et les quelques fanatiques qui sèment la barbarie en son nom", écrit M. Delanoë, en appelant "chacun des acteurs de cette affaire, les musulmans et les journalistes, à l'apaisement".
AP, 9 février 2006


- source de cet dépêche : Nouvel Obs.com

- la Grande Mosquée de Paris




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Posté le 10/02/2006 à 10:09:31 (id:21216)
L'islam interdit toute représentation humaine sous toutes ses formes (AFP)
L'islam interdit toute représentation humaine sous toutes ses formes (AFP)
L'ascension du Prophète, Jami Al-Tawarikh
Iran, 1315




Ma vérité sur les caricatures de Mahomet
Michel Renard et commentaires






L'islam interdit toute représentation humaine
sous toutes ses formes

Cette affirmation, très répandue, est historiquement fausse
comme le montre l'image ci-dessus (MR)

dépêche AFP



Toute représentation humaine sous toutes ses formes, par le dessin ou la caricature, est interdite par les théologiens les plus traditionnalistes de l'islam sunnite, majoritaire dans le monde.

En revanche, les chiites, une subdivision minoritaire de l'islam, appliquent cette interdiction seulement pour le prophète Mahomet, mais pas aux grands imams du mouvement, dont Ali et ses deux enfants, Hassan et Hussein. Les portraits de ces trois imams, vénérés notamment en Iran et en Irak, ornent les lieux publics.

"La représentation de l'être humain est proscrite, sous toutes ses formes en islam", soulignent des théologiens sunnites.

Ils affiment que dès son retour à la Mecque après un exil (hijra, 622 de l'ère chrétienne) de dix ans à Médine, Mahomet avait ordonné la destruction des statues érigées autour de la Kaaba.

C'est une des raisons pour lesquelles l'art islamique s'est développé autour de l'arabesque et de la calligraphie, soulignent des artistes arabes.

Cependant au début du siècle dernier, un imam réformiste Mohammed Abdou a autorisé la représentation humaine par le dessin, la peinture et la sculpture.

La fatwa (avis religieux autorisé) de Mohammed Abdou répondait à l'interrogation d'un fidèle sur le caracatère licite ou illicite de la représentation humaine.

Se fondant sur les mêmes textes que ses prédécesseurs, l'imam Abdou avait affirmé que l'interdiction de la représentation humaine était "caduque", la propagation de la foi islamique ayant rendu impossible le retour à l'adoration des statues, courante durant les siècles antérieurs à l'islam.

"L'imam Abdou s'était notamment appuyé sur le fait que le prophète Mahomet dormait sur un oreiller portant des illustrations et qu'il avait à son domicile des dessins accroché aux murs", précise le critique d'art égyptien Samir Gharib, haut fonctionnaire du ministère de la culture.

Avant la fatwa de Abdou, l'expédition française en Egypte s'était accompagnée de la reprise de l'art du dessin et du portrait en Egypte.

Le portrait et la sculpture se sont affirmés par la suite à travers les oeuvres notamment des artistes égyptiens Mahmoud Said, qui a peint des femmes, et Mahmoud Mokhtar.

Malgré cette évolution, Al Azhar, la plus haute autorité sunnite dans le monde, a maintenu l'interdiction formelle de toute représentation de Mahomet et de ses dix compagnons les plus éminents.

Le film Le Message du réalisateur syrien défunt Mostafa Aqqad, projeté dans la quasi-totalité des pays arabes, est toujours interdit en Egypte et en Arabie saoudite, pour avoir montré l'oncle du prophète, Hamza, en violation de l'interdit d'Al Azhar.

Samir Gharib rejette ces interprétations de la loi islamique en affirmant que moins de deux siècles après la mort du prophète, des artistes musulmans avaient exécuté un portait de Mahomet qu'ils avaient présenté à l'Empereur de Chine.

AFP, 1er février 2006


- source de cet article : voila.fr

- lire l'article de Louis Massignon : "Une miniature indo-persane représentant le Prophète et ses compagnons" (1921)

- voir également l'interview de Abdelwahab Meddeb : "la représentation du prophète est devenue taboue"




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Posté le 09/02/2006 à 00:12:37 (id:21122)
Salubrité publique (Jean-Marcel Bouguereau)
Salubrité publique (Jean-Marcel Bouguereau)
La couverture de Charlie Hebdo







Salubrité publique

Il ne faut pas céder car c'est la seule manière de soutenir les musulmans qui prônent la modernité

Jean-Marcel BOUGUEREAU*



Malgré la demande de saisie de plusieurs organisations musulmanes, Charlie-Hebdo paraîtra ce matin avec, en couverture, un dessin de Mahomet, le visage dans les mains et "l'air accablé" et ce titre "Mahomet débordé par les intégristesSalubrité publique", avec à l'intérieur les douze dessins contestés. Mais en faisant bien la distinction entre les intégristes et la majorité des musulmans, l'hebdomadaire satirique fait œuvre de salubrité publique. Car ce n'est pas le moment de céder. D'autant qu'on peut trouver les réactions des gouvernements européens plutôt modérées par rapport à celles qu'avaient provoquées la fatwa contre Salman Rushdie.

Il ne faut pas céder car c'est la seule manière de soutenir les musulmans, plus nombreux qu'on ne le croit, qui prônent la modernité et refusent les archaïsmes d'une certaine interprétation de l'Islam, le caractère moyenâgeux des relations hommes femmes, avec la lapidation, les mariages forcés, le statut inférieur de la femme, la polygamie. C'est une œuvre de salubrité publique car, comme ce fut le cas pour les autres religions, il faut habituer la religion musulmane à supporter la moquerie et la caricature.

Il faut battre en brèche l'idée qu'il est blasphématoire de représenter l'image de Mahomet alors que l'on peut admirer dans des musées d'art musulman, y compris dans des pays arabes, des miniatures musulmanes représentant le prophète avec ses compagnons. Il faut refuser le chantage selon lequel ces caricatures réduiraient l'Islam à la violence et au terrorisme. D'autant que les réactions hystériques et violentes de certaines minorités, souvent manipulées par des États en mal de légitimité, ne font que conforter ce sentiment. Il faudra être patient. Il faudra du temps.

En France, il a fallu plus d'un siècle, après le mouvement des Lumières, pour en arriver à 1905 et encore 30 ans pour que l'Église accepte le projet laïc de la République. Or souvenons-nous que l'Andalousie d'Averoès avait esquissé le concept de laïcité plusieurs siècles avant la philosophie des lumières. Pour ceux qui ne le savent pas, c'est ce savant et philosophe musulman qui, il y a un millénaire, donc bien avant Jules Ferry, affirma que la recherche de la vérité ne devait pas être encadré ou limité par les livres sacrés, que la science devait être indépendante de la religion.

Jean-Marcel Bouguereau, République des Pyrénées
8 février 2006


* Jean-Marcel Bouguereau, rédacteur en chef au Nouvel Observateur
et éditorialiste à la République des Pyrénées

- source de cet article : Le Nouvel Obs.com




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Posté le 08/02/2006 à 23:57:05 (id:21121)
Faire preuve d’intelligence et de dignité (Tariq Ramadan) + commentaires
Faire preuve d’intelligence et de dignité (Tariq Ramadan) + commentaires
Tariq Ramadan
dessiné dans le Spiegel





Ma vérité sur les caricatures de Mahomet
Michel Renard et commentaires




Faire preuve d'intelligence et de dignité

Tariq RAMADAN



Je n'ai eu de cesse de dire et de répéter que tous ceux qui jetaient de l'huile sur le feu aujourd'hui étaient des irresponsables. Il faut non seulement se calmer mais également faire preuve d'intelligence et de dignité.

Lancer, comme cela vient d'être fait en Iran, un concours de caricatures sur l'extermination des juifs est totalement inacceptable. A condamner absolument.

Le génocide dont ont été victimes les juifs est une profonde blessure dans la conscience européenne : il est normal, et juste, que, aux abords de cette blessure et de la souffrance qu'ont subie les juifs nous fassions preuve de mesure quant à l'usage de la liberté d'expression. Il en va de notre dignité. C'est le seul commentaire que nous devrions faire en ajoutant qu'il serait bon de faire preuve de la même précaution intellectuelle vis-à-vis des sensibilités et des blessures de toutes celles et de tous ceux avec qui nous partageons notre quotidien, notre vie et notre planète. C'est tout, c'est simple, c'est clair.

Au cœur de ces horizons sensibles, ajouter de la provocation à la provocation contredit toutes nos valeurs fondamentales, celles de l'islam comme celles de l'Occident. Cela est stupide, et vain, et dangereux.

Et Charlie Hebdo de se distinguer de la même façon. Robert Ménard, de Reporters Sans Frontières m'avait un jour demandé si l'on avait le droit d'être islamophobe. J'avais répondu qu'on avait le droit d'être islamophobe comme on avait le droit, vous me passerez ici l'expression, d'être «con». Voilà Charlie-Hebdo qui publie à son tour les caricatures dans le but évident de provoquer et de montrer, en grand champion de la liberté absolue d'expression, qu'il ne cède pas devant la menace. La rédaction a ajouté un dessin avec un commentaire où le Prophète s'apitoie en s'exclamant : «C'est dur d'être aimé par des cons».

Quel courage ! Faut-il poursuivre en justice, s'alarmer, crier au scandale ?! C'est manifestement ce que cherchent les responsables de l'hebdomadaire qui a tellement viré à droite sur cette question ces dernières années, qu'en perspective Nicolas Sarkozy apparaît bien ancré à gauche. Convoquer la justice est inutile et vain. Il vaut mieux s'en tenir à la logique implacable de l'algèbre : Etre traités de «cons» par des «cons» est une assurance certaine d'intelligence.

Pas de procès, pas d'interdiction...laissons s'exprimer le tribunal informel de l'intelligence qui est en soi accablant pour Charlie-Hebdo. Notez, soit dit en passant, que leur bêtise méchante est ici tellement abyssale qu'il se pourrait même que ce tribunal convoque à leur secours la clause des "circonstances atténuantes". Tant de bêtises haineuses tiennent en effet davantage de la psychothérapie que du débat d'idées. Quand l'insignifiance et la stupidité se font arrogance, il vaut mieux passer son chemin. Paix, Salam.
Tariq Ramadan, sur Oumma.com
mardi 7 février 2006





Où sont les principes ?

Michel RENARD


"C'est simple, c'est clair", dit Tariq Ramadan. Oui, c'est assez clair. C'est tout simplement un chantage qui est proposé ici : "vous" (l'Occident), vous renoncez à votre liberté d'expression à l'égard de la religion musulmane, "nous" (l'islam), on ne dit rien sur les Juifs. Où sont les principes ?
Michel Renard





Trop prévisible crapulerie

confusion entre la réalité du génocide des Juifs par les nazis
et la chimère d'un dogme

Pierre MARCELLE


Avec des amis comme ça, la «communauté musulmane» n'a guère besoin d'ennemis. Mais peut-on vraiment regarder Mahmoud Ahmadinejad, président de la république islamique d'Iran, comme un ami des musulmans ? On avait en décembre entendu son négationnisme (quand il qualifiait notamment de «mythe» l'extermination des Juifs d'Europe) comme une provocation ayant fort à voir avec ses ambitions nucléaires. Elles ont pris hier une autre dimension à travers le concours lancé à Téhéran par le quotidien Hamshahri ­ premier tirage du pays ­ invitant ses lecteurs à «caricaturer l'Holocauste».

L'initiative, dont on imagine mal qu'elle fut prise en conférence de rédaction, s'inspire du désormais indémerdable et néanmoins prophétique feuilleton démarré dans le Jyllands-Posten danois. Un responsable du titre iranien le dit tout net : «Les journaux occidentaux ont publié ces dessins sacrilèges sous le prétexte de la liberté d'expression. Voyons s'ils font ce qu'ils disent et publient aussi des dessins de l'Holocauste

Construite sur la confusion entre la réalité du génocide des Juifs par les nazis et la chimère d'un dogme, la crapulerie qui se profile (1) dans l'entreprise dont Hamshahri se fait l'agent promet à la «polémique» en cours de beaux lendemains. Comme furent incités, à Damas, les citoyens de la laïque Syrie à aller saccager l'ambassade danoise, voilà les citoyens iraniens invités à se faire, au nom même du peuple bâillonné, le relais d'un antisémitisme d'Etat exemplairement incarné par son président. La suite est inscrite, qu'on présume bien propre à alimenter le merdier : les «arabo-musulmans» d'Europe vont s'entendre sommés de se déterminer sur la réalité du génocide des Juifs, et le silence trop prévisible de trop de leurs imams les fera un peu plus otages de leur misère.

Pierre Marcelle, Libération,
8 février 2006


(1) Sans que ses promoteurs en soient forcément conscients, ladite crapulerie pourrait même invoquer le caractère «sacré» de la «Shoah» et le sacrilège qu'il y aurait, selon d'aucuns, à la «représenter». Et ce paradoxe formidable boucle la boucle.




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Posté le 08/02/2006 à 14:13:19 (id:21041)
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