- Gabriel Péri
La nécessaire réédition du testament de Gabriel Péri (Pauline Talens-Péri)
La nécessaire réédition du testament de Gabriel Péri (Pauline Talens-Péri)
Maurice Thorez, à gauche, et Gabriel Péri.
Mis à part, Paul Vaillant-Couturier et Marcel Cachin,
aucun nom de dirigeant communiste n'est cité par Péri
dans sa dernière lettre, en décembre 1941.





La nécessaire réédition du testament de Gabriel Péri

Nous avons besoin de vous, enseignants et chercheurs, pour cette réédition

Pauline TALENS-PÉRI



Fille adoptive de Gabriel Péri - il a écrit à la prison de la Santé, dans son testament "Ma vie" : "je l'avais adoptée" -, les écrits sur sa vie privée et sa lettre soit disant testamentaire me font réagir. (Lettre sans manuscrit).

Sa vie privée : Mathilde (son épouse) était tuberculeuse depuis 1929/30. Les photos que j'ai, datant de 1936 et 1939, prouvent que Gabriel n'a jamais quitté Mathilde.

Mais qui était Mme JANSCIU ? née en Roumanie, d'origine juive, arrivée en France en 1931, via Munich, elle avoue dans ses mémoires qu'elle était déjà agent de la troisième Internationale. Son premier job à Paris en 1931/32, attachée de presse au Ministère de l'Intérieur. En 1941 elle lui rend visite à la prison de la Santé et curieusement elle ne fut jamais importunée. Par contre, en 1940 ma mère Pauline, ma tante Mathilde et ma grand mère, nous fûmes toutes internées au camp de Rieucros ! (voir le site Rieucros.org).

Chose curieuse de la part du PCF M. FOOGLIN qui donna Gabriel à la Gestapo ne fut jamais importuné, et resta jusquà sa mort membre du PCF...

Et aujourd'hui on peut encore lire dans l'Humanité : "LA BIOGRAPHIE DE GABRIEL PERI EST IMPOSSIBLE POUR LA DIRECTION DU PCF; S'ATTACHER A L'HISTOIRE D'UN INDIVIDU PRESENTE LE RISQUE DE REECRIRE L'HISTOIRE ET DONC DE MODIFIER LA MEMOIRE COMMUNISTE."

Si jusqu'à ce jour le corps de mon père adoptif ne fut jamais trouvé, que l'on déterre enfin ses écrits et ses pensées.
La réédition de son testament "Ma vie" est nécessaire, le texte "Gabriel Péri vous parle", est en réalité le même que "ma vie" mais il fut tronqué. "Ma vie" fut éditée sous l'occupation par VERCORS et ARAGON.

Nous avons besoin de vous, enseignants et chercheurs, pour cette réédition. Je n'ai personnellement aucun intérêt financier, car ses héritiers sont corses.

Pauline Talens-Péri


contact : pauline@gabrielperi.net



- iconographie : sur le site de l'association Gabriel Péri :
http://www.gabrielperi.net/index.php




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Posté le 17/01/2006 à 16:34:22 (id:16792)
Appel à témoins sur Gabriel Péri en 1916
Appel à témoins sur Gabriel Péri en 1916
classe de Gabriel Péri en 1916 à Marseille





Appel à témoins relatif à Gabriel Péri en 1916

Où est Gabriel Péri sur cette photo de 1916 ?



L'association Les Amis de Gabriel Péri, présidée par la fille adoptive de Péri, Pauline Talens-Péri (1) est à la recherche de documents. Elle en possède certains, dont cette photo, et écrit ceci sur son site :

- "Malheureusement aucune légende au dos ne permet de savoir où se trouve Gabriel sur ces clichés (2), et aucun nom de ses condisciples n'est indiqué. Si votre père ou grand-père a fait ses études à Marseille, peut-être avez-vous la réponse à nos questions. Si oui, merci de nous les communiquer!"

Pauline Talens-Péri
pauline@gabrielperi.net


(1) Association Les Amis de Gabriel Péri
Pauline Talens-Péri
16 rue Marcel Mégardon
24430 ANNESSE-ET-BEAULIEU

(2) Selon moi, il apparaît évident qu'il s'agit du plus grand garçon, placé au milieu des cinq élèves debout, au dernier rang. Le regard et l'allure sont les mêmes plus tard, à l'âge adulte. Michel Renard



- le site de l'association Gabriel Péri :
http://www.gabrielperi.net/index.php


michelrenard2@aol.com



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Posté le 16/01/2006 à 10:22:39 (id:16577)
Portrait de Gabriel Péri (1)
Portrait de Gabriel Péri (1)
Portrait de Gabriel Péri (1)
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Posté le 16/01/2006 à 10:21:53 (id:16576)
Portrait de Gabriel Péri (2)
Portrait de Gabriel Péri (2)
Portrait de Gabriel Péri (2)
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Posté le 16/01/2006 à 10:21:12 (id:16575)
Portrait de Gabriel Péri (3)
Portrait de Gabriel Péri (3)
Portrait de Gabriel Péri (3)
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Posté le 16/01/2006 à 10:20:22 (id:16574)
Gabriel Péri ou la tragédie optimiste (Bernard Frederick)
Gabriel Péri ou la tragédie optimiste (Bernard Frederick)
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Gabriel Péri ou la tragédie optimiste

Bernard FREDERICK, 2001



"Ce sera le dernier chapitre du grand roman de cette époque." À quelques heures d'être fusillé, en cette terrible nuit du 14 au 15 décembre, Gabriel Péri écrivait ses derniers mots. Une vie, un roman : Péri, un personnage. On eut pu en trouver la description dans la littérature. Sous la plume, par exemple, de Paul Nizan, son ami, qu'il imposa - le mot n'est pas trop fort - en 1935 à la rubrique de politique étrangère de l'Humanité, à une époque où quelques gardiens du temple surveillaient les entrées d'intellectuels réputés " fragiles ".

On lit les "souvenirs" que Gabriel laisse à ses défenseurs, alors qu'il croit, en 1941, comparaître devant des juges français (1), et l'on songe à Aden Arabie : "J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur d'apprendre sa partie dans le monde. À quoi ressemblait notre monde ? Il avait l'air du chaos... Très peu d'hommes se sentaient alors assez clairvoyants pour débrouiller les forces déjà à l'ouvre derrière les grands débris pourrissants."

À vingt ans, en 1922, Gabriel Péri était secrétaire national des Jeunesses communistes. Il avait fait déjà l'expérience des menaces qui pèsent sur les jeunes gens, estimé le chaos de l'après-guerre, appris déjà "sa partie dans le monde", et commencé à en " débrouiller " les fils. Il s'était convaincu, comme le héros d'Aden, que "l'erreur est toujours moins simple que le vrai". Tout cela, c'était son bagage. Il s'embarquait ! Destination : le monde ! Né dans une famille corse " d'une modeste aisance " installée à Marseille, élevé par un père aux idées de gauche, mais accordant d'abord sa préférence à la compétence, et par une mère pieuse, bachelier au terme d'études secondaires, dont les archives du lycée Thiers témoignent qu'elles furent brillantes, rien ne disposait le jeune homme à la "profession" de révolutionnaire. "Mon adhésion au socialisme, écrit-il, n'a pas été le résultat de la révolte que m'aurait inspiré le spectacle d'iniquités sociales (...). J'étais venu à la Révolution par la voie de l'étude passionnée, de la méditation fiévreuse (...). Adhésion d'origine intellectuelle, cérébrale, peut-être, mais, somme toute, l'expérience a démontré que les adhésions de ce genre ne sont pas de qualité inférieure et de fidélité moins sûre..."

La situation matérielle de sa famille l'empêcha d'entrer à l'École normale supérieure, où avaient pris pension ses aînés de trois ans, Nizan et Sartre. Il fut, un temps, secrétaire d'un conseil d'administration d'une entreprise maritime. Mais sa vocation était autre. Elle perçait à douze ans, en 1915, quand avec d'autres potaches, il fonda au lycée un journal - le Diable bleu - et y signa son premier article. Sur Jaurès ! Elle se précisa à la Jeunesse communiste, quand il publia dans Avant-Garde ou dans Clarté, la revue d'Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. Et à la vocation de l'écriture, du journalisme, s'en ajouta une autre : la politique étrangère.

C'est en novembre 1924, que la direction du PCF-SFIC le nomme chef des services de politique étrangère de l'Humanité. Il le demeurera jusqu'à l'interdiction du journal, en 1939. Il publiera de grands reportages en Indochine, dans les Balkans, en Afrique du Nord, en Espagne, en Tchécoslovaquie. Il suivra toutes les grandes conférences internationales. Ses analyses des conflits en cours et en gestation, sa perspicacité, sa conviction consacreront son talent tant aux yeux de ses camarades, de ses lecteurs que des confrères, des cabinets et des diplomates. Élu en 1932 député d'Argenteuil, vice-président en 1936 de la commission des Affaires étrangères, Péri mit sa plume au service de sa voix pour défendre à la tribune ses analyses et y délivrer ses mises en garde. Les relations franco-soviétiques, l'intervention de Mussolini en Afrique, la non-intervention en Espagne, Munich... autant de moment où il fit usage de ses armes : simultanément, la parole et l'écrit.

En août 1939, Staline et Hitler signent un pacte de non-intervention. Les communistes français sont atterrés, mais ils justifient l'attitude soviétique. Pas tous. Nizan claque la porte. Péri, visiblement, est déconcerté. Ses doutes transparaissent. D'abord dans ses silences : il évite l'approbation nette. Ensuite, dans ses propos lors de la dernière commission des Affaires étrangères à laquelle il assiste avant que les députés communistes soient contraints à l'illégalité : "Une attitude sentimentale et passionnelle à l'égard du traité ne servirait de rien (...). Le mieux serait d'essayer de faire du traité un point de départ dans le sens de la pacification générale." Il soutint que le pacte n'aurait qu'un effet provisoire, que la situation restait instable. L'attaque allemande contre l'URSS, le 22 juin 1941, lui donna raison. Elle le surprit en prison. Il avait été arrêté le 18 mai, dans une planque, place de la Porte-de-Champerret, chez un militant communiste, André Chaintron. Son agent de liaison, Edmond Foeglin, dit Armand, l'avait dénoncé.

Trouble affaire qui pesa sur l'historiographie communiste de la résistance, après la Libération, et suscite encore des débats entre chercheurs. Péri devint un mythe. Il en paye un prix qu'il aurait détesté. Il détestait les icônes. C'était un esprit libre. Il le manifesta. Non sans provoquer les jalousies et déclencher les anathèmes. Il n'est pas favorable à la tactique dite "classe contre classe" entre 1928 et 1932. En 1929, il n'est plus membre de la direction à laquelle il participe depuis 1924. Il y revient grâce à Maurice Thorez, en 1932. Il s'oppose, avec Cachin et Vaillant-Couturier, au changement de formule de l'Humanité qu'impose l'Internationale communiste (IC) en 1928 qui juge le quotidien trop "intellectuel", "petit-bourgeois" - "dilettante", dira Droz, responsable pour la France, de Vaillant-Couturier. Il soutient les propositions de paix du président américain Franklin Roosevelt, au début 1939. Il n'approuve pas en 1940 la thèse communiste de "la guerre impérialiste" et la demande faite aux Allemands d'autoriser la republication de l'Humanité.

Sa vie privée choque : il a épousé en 1927 Mathilde Taurynia, belle-soeur d'André Marty, mais il vit à la fin des années trente avec une journaliste roumaine, Sofia Jancu, dont il fera sa légataire intellectuelle en 1941, à la veille de son exécution. Le Parti taira cet épisode des années durant. Gabriel indispose. On l'accuse, au moment de Munich, de prêcher une politique de "force" quand il conjure Paris et Londres de ne rien céder au Reich. "Péri fait ce qu'il lui plaît, écrit Marty dans une note interne en 1935. Il s'absente quand il veut, pour le temps qu'il veut et l'on ne sait jamais où il est..." Le même adressera, en 1940 depuis Moscou, une nouvelle note à Jacques Duclos : "Il faut écarter Péri du poste confié / Rédaction des documents / à cause de : tout son passé / journalistique, etc. / son appui aux éléments trotskistes dans la région frontière des Pyrénées-Orientales / Catalogne française / ses relations personnelles" (2).

On trouve dans les archives du Komintern (Internationale communiste) encore une autre note, signée d'un certain "Simon" qui pourrait être Tréand, selon Claude Pennetier, et daté de 1940 : "A toujours une attitude politique chancelante. Grosse difficulté avec lui, il faut discuter chaque quinze jours avec lui. Coupez (sic) des masses il est un peu désemparé" (3). "Très important, très important...", aurait-il dit en tripotant sa pipe, comme lorsqu'il se moquait des vétilles dont l'entretenait un confrère, souvenir qui marqua tant Aragon qu'il lui plut de le raconter (4) et de dire l'homme. Simplement l'homme : "Un homme avec des goûts et des passions, tout d'un coup très las, qui a l'envie d'aller au cinéma, un homme de finesse, d'une élégance qui n'est pas que de l'esprit, capable aussi de se tromper, enfin, je vous dis un être humain, pas de pierre ou de bronze."

Bernard Frederick
L'Humanité, 10 décembre 2001.



(1) Gabriel Péri vous parle, brochure éditée par le PCF dans la clandestinité en mars 1942.
(2) Voir l'excellente notice biographique d'A. Olivesi et Claude Pennetier dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.
(3) Roger Bourderon, " Ce que disent les archives ", Cahier d'histoire de l'Institut de recherches marxistes, nº 26, 1986.
(4) Discours à l'inauguration du monument à Péri, le 12 octobre 1964, à Argenteuil (l'Humanité du 13 octobre 1964).






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Posté le 16/01/2006 à 01:56:14 (id:16570)
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