La mosquée, centre de la vie arabe (Gustave Le Bon, 1884)
le mihrab et le minbar de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem
planche en couleurs du livre La civilisation des Arabes (1884)
La mosquée, centre de la vie arabe
Gustave Le Bon (1884)
Le véritable centre de la vie arabe est la mosquée. Au lieu d'être, comme le temple chrétien, un édifice exclusivement consacré à adorer le Seigneur, elle sert, à la fois, d'endroit de réunion, d'adoration, d'enseignement et même d'habitation.
Nous avons déjà indiqué le plan général des mosquées. Les plus anciennes sont toutes construites sur le même type. Elles sont formées par une cour rectangulaire entourée de galeries, dont un coté, plus profond que les trois autres, sert de sanctuaire. Au milieu de cette cour existe une fontaine pour les ablutions. Dans le sanctuaire, on trouve toujours le mihrab, niche creusée dans le mur et dirigée du côté de la Mecque ; le minbar, chaire d'où le prédicateur parle aux fidèles ; et, dans leur voisinage, un pupitre sur lequel le Coran reste ouvert pendant le service religieux. Un grand nombre de lampes sont suspendues au plafond de l'édifice. Le mobilier ne consiste qu'en nattes et en tapis.
À côté de ce sanctuaire se trouve généralement une salle formant chapelle contenant le tombeau du fondateur de la mosquée.
Aux angles de chaque mosquée se trouvent toujours des tours, nommées minarets, du haut desquelles les crieurs appellent les fidèles à la prière.
Dans les dépendances des mosquées on voit souvent des bains publics, une hôtellerie pour les voyageurs, des écuries pour les animaux, un hôpital pour les malades, et une école (medressé) pour les enfants. La confusion de la vie civile et de la vie religieuse, si caractéristique chez les mahométans, se retrouve, comme on le voit, dans leurs mosquées.
Les mosquées sont ouvertes depuis la pointe du jour jusqu'à l'heure de la dernière prière du soir, c'est-à-dire deux heures environ après le coucher du soleil.
Chaque mosquée est indépendante. Elle s'entretient avec les revenus des biens qui lui ont été attachés par ses fondateurs, et qu'augmentent souvent les pieuses donations. Elle est gérée par un intendant, assisté d'un certain nombre d'imans, sortes de prêtres secondaires exerçant souvent d'autres métiers en même temps, et qui sont chargés de lire chaque jour la prière aux heures canoniques. Imans, portiers, crieurs, porteurs d'eau, domestiques, etc. forment un personnel assez nombreux même dans les moindres mosquées.
Centre de réunion et de prière, lieu d'abri pour l'étranger, de secours pour le malade, les mosquées sont encore un centre d'enseignement. Les plus petites servent d'école aux enfants, les plus grandes sont de véritables universités parfois aussi importantes que celles d'Europe. Telle est, par exemple, la célèbre mosquée el-Azhar, au Caire, qui compte 300 professeurs et plus de 10 000 étudiants venus de tous les points de l'islam.
Gustave Le Bon, La civilisation des Arabes, 1884.
- le livre de Gustave Le Bon est désormais accessible en ligne :
http://www.uqac.uquebec...ces_sociales/index.html
Quel est le minbar représenté ?
Reçu ce message de "lisoune4" :
- pourrais-je savoir si le minbar de la mosquée d'al aqsa est celui qui s'y trouve actuellement ou si c'est celui qui a été détruit en 1967 et qui date de Saladin. merci d'avance.
Réponse :
- au sujet du minbar de la mosquée al-aqsa
Bonjour,
J'ai extrait cette illustration de la publication en ligne de l'ouvrage de Gustave Le Bon, La civilisation des Arabes qui date de 1884. Dans ce livre, il est expliqué qu'il s'agit d'une photolithographie exécutée "d'après une photographie et une aquarelle de Dr. Gustave Le Bon". Il s'agit donc, fort probablement, de ce fameux minbar datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle quand Salah al-Dîn le fit venir d'Alep. Mais je dis cela sous toute réserve, n'étant pas un spécialiste de l'œuvre du Dr Le Bon.
Dans l'ouvrage Arts et civilisation de l'Islam, de Markus Hattstein et Peter Delius (éd. Könemann, Munich, 2000 ; éd. en langue française), il est reproduit, page 170, une photo de ce même minbar sans que la légende ne précise sa provenance (seul le crédit photographique est indiqué : Bildarchiv Preußicher Kulturbesitz, Berlin). La comparaison avec le dessin de Le Bon indique qu'il est bien question du même objet.
Quant à la situation d'aujourd'hui, je ne puis rien dire. On lit souvent que le plafond de bois du côté sud-est de la mosquée ainsi que le minbar de Salah al-Dîn ont été entièrement consumés en 1969... Mais le livre de Hattstein et Delius affirme qu'il a été, seulement, "endommagé par l'incendie de 1969"...
L'enquête est à poursuivre.
Cordialement
Michel Renard,
16 février 2006
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Posté le 12/01/2006 à 01:17:53 (
id:15661)