L'Uncal, syndicat lycéen dans les années 1970 (Michel Renard)
Garges-les-Gonesse, février 1974, VIe congrès nationale de l'Uncal,
de gauche à droite : Agnès Jaeglé, Andrée Perfumo (Marseille), la représentante finlandaise de la STL,
Pierre Séleskovitch, Michel Renard, Armelle Cloarec (cachée), Annie Canacos, le représentant
du Gouvernement provisoire du Sud-Vietnam, Philippe Guez (caché),
Martine Bodin (présidente de l'Uncal), ?, le représentant de la FMJD
(Fédération Mondiale de la Jeunesse démocratique), Didier Augeral, les représentants du Nord-Vietnam.
L'Uncal, syndicat lycéen dans les années 1970
Michel RENARD
"Syndicalisme" lycéen
De la fin 1968 au milieu des années 1970, des milliers, voire des dizaines de milliers de lycéens ont été associés à l'action de l'Uncal (Union nationale des comités d'action lycéens), "syndicat" fondé par les communistes. Il n'existe que peu de traces de cette expérience de politique en milieu lycéen. Quelques travaux de recherche effectués par Robi Moder, Paul Ariès et Didier Lieschi (1).
Pourquoi parler de "politique" alors que l'Uncal se présentait comme un "syndicat lycéen" ? En réalité, dans la conception des communistes qui étaient à l'origine de l'Uncal, le vocable "syndicat" alignait ce type d'organisation sur le découpage traditionnel que connaissait le monde salarié distinguant le parti politique à vocation généraliste de l'organisation professionnelle défendant les intérêts d'une catégorie sociale. Les lycéens ne relevaient pas vraiment de cette différenciation n'étant ni citoyens au sens strict – puisque l'abaissement de l'âge du droit de vote à 18 ans ne date que de janvier 1974 – ni "travailleur" ayant à préserver un statut ou des avantages face à un employeur.
Mais l'entrée en politique, relativement massive, de la jeunesse scolarisée après 1968 s'était focalisée contre les formes traditionnelles de l'autorité (scolaire, pénale, militaire, morale...) lors d'«affaires» suscitant des «mouvements». Ces mobilisations furent le vivier dans lequel l'activisme politique des communistes (plutôt réticents au début) et de l'extrême-gauche (plutôt intrépide) s'immergeait avec l'espoir d'affaiblir le pouvoir en place et le calcul de se «construire» en tant qu'organisation. Et cela se passa conformément à ces attentes, avec une victoire de la gauche en 1981 dans laquelle les socialistes avaient su recycler une partie de cette militance gauchiste et «mouvementiste».
En attendant, il était plus simple d'intervenir dans ces mouvements à partir d'une structure non partisane et de proposer de s'y rallier comme moyen de "défendre ses revendications". Cette thématique a conduit à l'adoption du mot d'ordre : "Pour le droit aux études, à la parole, aux sports et aux loisirs". Guère affriolant ni mobilisateur. Mais "sage". D'ailleurs, ce leitmotiv des "droits" s'est imposé dans les années 1980 et 1990 dans les mobilisations lycéennes.
(à suivre...)
- (1) bibliographie établie par Robi Morder en :
http://www.germe.info/k...s/biblioMvtslyceens.htm
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Posté le 02/01/2006 à 15:35:49 (
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