- Croire et penser
Il a lâché les deux mers pour se rejoindre (Coran)
Il a lâché les deux mers pour se rejoindre (Coran)
La rencontre des eaux lagunaires et des contreforts de la chaîne sinaïtique
constitue une particularité du site d'Abou-Galoum



Il a lâché les deux mers pour se rejoindre


CORAN



Le Seigneur des deux Orients, des deux occidents.
- Vous deux, quel bienfait de votre Seigneur allez-vous démentir ?
... Il a lâché les deux mers pour se rejoindre*
avec entre elles deux un seuil à ne pas enfreindre...
- Vous deux, quel bienfait de votre Seigneur allez-vous démentir ?
... de l'une et l'autre s'extraient la perle et le corail...
- Vous deux, quel bienfait de votre Seigneur allez-vous démentir ?

Coran, sourate LV, versets 17-23



* Dans sa traduction, Jacques Berque note à propos de ce passage : "Sans doute l'eau douce du Chatt al-‘Arab et l'eau saumâtre du Golfe".


- iconographie et légende :
http://www.transboreal....gions/sinai/sinai4.html



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Posté le 05/01/2006 à 16:18:04 (id:14503)
Seigneur, sauve-moi d'un peuple d'iniquité (Coran)
Seigneur, sauve-moi d'un peuple d'iniquité (Coran)
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Seigneur, sauve-moi d'un peuple d'iniquité

CORAN



Sur ces entrefaites accourut du fond de la ville un homme qui dit : "Moïse, le conseil délibère sur toi pour te mettre à mort. Sors du pays. C'est un bon avis que je te donne".
Moïse en sortit craintif et aux aguets, disant : "Seigneur, sauve-moi d'un peuple d'iniquité".

Il prit la direction de Madyan, se disant : "Sans doute mon Seigneur me guide-t-Il au droit chemin".
Arrivant à un point d'eau de Madyan, il trouva une foule de gens qui abreuvait leurs troupeaux, tandis que derrière eux deux femmes contenaient le leur. "Quel ennui avez-vous?, dit-il. - Nous ne pouvons, dirent-elles, abreuver que quand les bergers auront dégagé : notre père est un cheikh âgé"
il abreuva leurs bêtes, puis s'en retourna à l'ombre, disant : "Seigneur, le moindre bien que Tu fasses descendre sur moi, j'en suis indigent!"
Or l'une des deux vint à lui, d'une démarche pudique : "Mon père, dit-elle, t'invite pour te récompenser en prix d'avoir pour nous abreuvé". Quand il fut allé à leur père et lui eut narré narration, celui-ci dit : "N'aie plus de crainte. Tu es sauvé du peuple d'iniquité".

Coran, sourate XXVIII, versets 20-25.


- iconographie :
http://www.transboreal....gions/sinai/sinai3.html


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Posté le 05/01/2006 à 16:02:29 (id:14502)
Et fulgure la terre de la lumière de son Seigneur (Coran)
Et fulgure la terre de la lumière de son Seigneur (Coran)
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Et fulgure la terre de la lumière de son Seigneur*

CORAN


Ils n'ont pas mesuré Dieu à Sa véritable mesure, alors que ma terre toute entière, au Jour de la résurrection, est Sa prise, et que les cieux se reploient dans Sa droite
- Ô Sa transcendance et sublimité tellement au-dessus de ce qu'on Lui associe !
- Il est soufflé dans la trompe, foudroyé tout ce qui habite les cieux et la terre, à l'exception de qui Dieu voudra ; et puis il est soufflé dans la trompe une seconde fois : et voici qu'ils se dressent attentifs
et fulgure la terre de la lumière de son Seigneur. L'Écrit est mis en place. Sont amenés prophètes et témoins. Il est jugé entre les hommes dans la Vérité, sans la moindre iniquité
toute âme solde ses actions. Il sait parfaitement ce qu'on a pratiqué.

Coran, sourate XXXIX, versets 67-70



* Pour comprendre le titre (et l'élément du verset qu'il reprend), il faut lire en observant une courte pause après "et fulgure la terre".

- iconographie :
http://www.transboreal....gions/sinai/sinai6.html



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Posté le 05/01/2006 à 15:37:06 (id:14499)
Ce n'est ni la viande, ni le sang de l'offrande qui intéressent Dieu (Tarek Oubrou)
Ce n'est ni la viande, ni le sang de l'offrande qui intéressent Dieu (Tarek Oubrou)
mosquée du Prophète à Médine (Arabie Saoudite)


Ce n'est ni la viande, ni le sang de l'offrande
qui intéressent Dieu

Tareq OUBROU




La communauté de votre père Ibrahim... Notre Communauté spirituelle puise ses sources de la Tradition abrahamique. C'est lui qui nous a donné le nom de "Soumis" (mouslimine). Ce n'est donc pas un hasard si l'Islam commémore le sacrifice d'Ibrahim en lui consacrant sa deuxième fête rituelle : "Aïd al Adha". Ce sacrifice correspond à un moment intense du Pélerinage (hadj) qui réunit les musulmans au-delà de leurs diversités (ethnique, politique, géographique...). Le pélerinage fut établi par la tradition abrahamique, restituée par le Coran et détaillée par la Sunna de notre Prophète Mohamed. Le sacrifice d'Ibrahim nous inspire et nous incite à un pélerinage aux sources, spatio-temporelles, sacrées de l'Islam.

Le sacrifice est un symbole de confiance et de soumission à la volonté divine où à la patience devant l'épreuve. Cet aspect nous est enseigné par le récit coranique :
- "Puis quand celui-ci fut en âge de l'accompagner, (Ibrahim) dit :"Ô mon fils, je me vois en songe en train de t'immoler. Vois donc ce que tu en penses". (Ismaïl) dit :"Ô mon cher père, fais ce qui t'es commandé. Tu me trouveras, s'il plaît à Allah, du nombre des endurants" (sourate 37, versets 102-103), où Ibrahim comme son fils, tous deux, manifestèrent une totale soumission à l'ordre divin. Aucune révolte, aucune rébellion de leur part, contre cette épreuve : donner son fils unique (ceci avant que sa femme Sarah lui donne Isâac). Le sacrifice dans sa forme la plus extrême.

L'acte rituel qui consiste à sacrifier un agneau pour Dieu, n'est pas une affaire de viande à consommer ni de sang à verser. C'est de la piété du coeur dont il s'agit. Et comme le souligne le Coran dans la sourate "le Pélerinage" :
- "Ni leur chair, ni leurs sangs n'atteindront Allah, mais ce qui L'atteint de votre c'est la piété. Ainsi vous les a t-il assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir mis sur le droit chemin. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaiteurs" (sourate 22, verset 37). Ce n'est donc ni la viande, ni le sang de l'offrande qui intéressent Dieu. Il se passe bien de tout cela. Ce qui importe, c'est la reconnaisssance, la générosité et la piété du coeur.

La tradition du Prophète Mohamed nous apprend que l'offrande (al-odhiya) est à partager en trois tiers. une partie pour les voisins et les amis, la deuxième pour les besogneux, et le reste pour soi.

Donc deux tiers pour les autres (Musulmans ou non). En gardant le tiers restant, le Musulman apprend l'altruisme. Le sacrifice nous apprend la générosité qui caractérisait notre père Ibrahim.

Tarek Oubrou
recteur de la grande mosquée de Bordeaux,
hiver 2001



- iconographie :
http://lnmf.free.fr/medine.htm



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Posté le 05/01/2006 à 11:50:18 (id:14470)
Le sacrifice d'Abraham (Éric Geoffroy)
Le sacrifice d'Abraham (Éric Geoffroy)
sacrifice d'Abraham, mosaïque de la synagogue de Beit Alpha
dans le nord-est d'Israël (époque byzantine, découverte en 1929)






Un exemple d'interprétation spirituelle d'un rite de l'islam


Le sacrifice d'Abraham


Eric "Younès" GEOFFROY



Selon l'islam, le Coran est le point terminal de la Révélation pour cette humanité. Il se présente de fait comme la récapitulation et la synthèse des messages antérieurs, et maints récits bibliques y sont relatés de façon condensée et allusive. Le caractère sibyllin du «Livre», on va s'en rendre compte, apparaît nettement dans l'épisode du sacrifice d'Abraham.

Cet épisode, évoqué dans la sourate 37, ressort au thème coranique de l'épreuve (balâ'), qui agit comme une véritable pédagogie spirituelle à l'adresse des croyants et a fortiori des prophètes : l'élection et l'investiture ont pour passage obligé la purification. Abraham (Ibrâhîm en arabe) a été choisi comme «ami intime de Dieu» (khalîl Allâh) parce qu'il a subi avec succès maintes épreuves1. L'une des plus intenses fut sans doute ce songe au cours duquel le patriarche se vit en train d'immoler son fils :
- «Ô mon fils, je vois en rêve que je t'égorge. Qu'en penses-tu ?»
- «Père, répondit le fils, fais ce qui t'est ordonné. Tu me trouveras, si Dieu veut, parmi ceux qui supportent [l'épreuve]» (Cor. 37 : 102).

Tous les traducteurs rendent ce passage au temps passé («Ô mon fils, j'ai vu en rêve que...»), mais il importe de restituer le présent employé dans le texte arabe, car celui-ci a pour fonction de susciter l'instantanéité de la vision d'Abraham. Si l'on nous permet l'image, celui-ci vit la vision en direct, non en différé. Les commentateurs insistent sur la dimension onirique de la scène - absente du récit biblique -, et Ibn ‘Arabî, le grand maître du soufisme souligne que c'est en fait un bélier qui est apparu à Abraham durant son sommeil, mais sous les traits de son fils. Cependant, Abraham n'a pas interprété, «transposé» dit l'arabe, cette vision car, selon l'avis des commentateurs, le songe ou la vision des prophètes relève de la révélation (wahy), et est perçu par eux comme une réalité immédiate.
En effet :
- «Lorsqu'ils se furent tous deux abandonnés à la volonté divine (aslamâ) et qu'Abraham eut couché son fils le front contre terre, Nous l'appelâmes : "Ô Abraham, tu as ajouté foi à la vision !" C'est ainsi que nous rétribuons les êtres doués d'excellence (103-105)». En réalité, la vision qu'a reçue Abraham ne lui intimait pas d'immoler matériellement son fils, mais de le consacrer à Dieu. Nous rejoignons ici la tradition judaïque2.
- «Voici certes l'épreuve évidente» (106) : épreuve suprême de soumission à Dieu que de se croire contraint d'égorger son fils !

Selon certains soufis, l'épreuve consistait à donner son vrai sens à la vision. Ils font remarquer que l'enfant est le symbole de l'âme. C'est donc son "moi" que Dieu demande à Abraham d'immoler, cette âme prophétique élevée, certes, mais encore capable d'amour pour un autre que Dieu. Or, afin d'être investi pleinement de l'intimité divine, Abraham doit vider son cœur de tout attachement aux créatures. D'ailleurs, l'épisode du sacrifice suit immédiatement un passage où l'on voit Abraham détruire les idoles adorées par son peuple (84-98). Dans son cas, la réalisation ultime de l'Unicité (tawhîd) supposait la destruction de tout penchant naturel, de tout résidu égotique, forme subtile d'idolâtrie.

- «Nous le rachetâmes par un sacrifice solennel» (107), car l'enjeu est immense. Un bélier venant, selon la tradition, du paradis, et conduit sur terre par l'ange Gabriel pour le sacrifice, se substitue au fils : grâce à ce transfert, Dieu rachète à Abraham toute sa descendance, prophétique et autre, afin de mieux la préserver et la bénir. Ainsi, «Nous perpétuâmes [le souvenir d'Abraham] parmi les générations postérieures (108). Paix sur Abraham !» (109) : après la soumission (islâm) vient la paix (salâm). L'animal, être pur parce qu'il connaît par intuition directe son Créateur, à l'instar des règnes minéral et végétal (Ibn ‘Arabî), peut en effet prendre la place d'un humain pur, prophète et fils de prophète. Par son sacrifice consenti, il permet aux «fils d'Adam» - et pas seulement d'Abraham - de régénérer leurs énergies vitale et spirituelle.

En aucun endroit de ce récit, le Coran ne mentionne si le fils offert en oblation est Ismaël, père des Arabes, fils de la servante Agar jalousée par Sara, ou Isaac, son frère cadet, père des Juifs. Cette imprécision a partagé les auteurs musulmans, chacun tirant argument de façon opposée des mêmes passages coraniques en faveur d'Isaac ou d'Ismaël. Dans une perspective islamique, il était tentant d'identifier la victime du sacrifice à Ismaël. En effet, celui-ci a aidé Abraham à bâtir la Kaaba de La Mecque (Cor. 2 : 125-127), et certains rites actuels du Pèlerinage (Hajj), tels que la lapidation de Satan, trouvent leur fondement dans le sacrifice qui aurait eu lieu à Mina, un des sites du Hajj. Pourtant, la plupart des commentateurs ne cèdent pas à cette tentation, et étalent au grand jour les divergences d'opinion. Voici un bel exemple du pluralisme régnant au sein de la pensée musulmane médiévale.

Il n'empêche que la commémoration du sacrifice d'Abraham, actualisée chaque année par le sacrifice d'animaux, est devenue la «grande fête» (al-‘îd al-kabîr) des musulmans, célébrée le 10 de Dhû l-Hijja, mois du Pèlerinage. Le Hajj, ceux qui l'ont accompli le savent bien, est une épreuve : répétition du Jugement dernier, il est mort à ce monde et résurrection. À l'instar de la bête, le pèlerin est l'offrande sacrificielle dont le parcours rituel permet à la communauté musulmane, et au-delà à l'humanité, de se régénérer. Si le sacrifice animal garde aujourd'hui toute sa pertinence, et si le partage et le don de la viande perpétuent «l'hospitalité sacrée» d'Abraham, il importe de ne pas perdre de vue le sens premier du sacrifice : la purification intérieure.

Pour qui connaît le Coran, l'ambiguïté du discours divin à propos d'Isaac et d'Ismaël est délibérée. Elle rappelle celle qui plane sur le récit coranique de la crucifixion ou la non-crucifixion du Christ3, lequel, selon les chrétiens, s'est sacrifié sur la croix pour le rachat de l'humanité. Enfin, le silence coranique sur l'identité du fils sacrifié - ou sanctifié -, au regard du contexte actuel, peut être perçu comme une source tantôt de rivalité et d'inimitié, tantôt de proximité voire d'intimité entre juifs et musulmans. Ne serait-ce pas dans le dépassement de l'ego, vrai sens du sacrifice abrahamique, que les uns et les autres parviendront à restaurer une harmonie séculaire mise à mal par des développements politiques récents ?

Eric "Younès" Geoffroy, islamologue,
maître de conférence à l'université de Strasbourg



Notes :
1. Voir Coran, sourate II, verset 124.
2. Voir par exemple Exode 13 : 2.
3. Cf. Coran, sourate IV, verset 157.


- le livre d'Éric Geoffroy Initiation au soufisme :
http://www.amazon.fr/ex...039/402-1932439-0716118



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Posté le 05/01/2006 à 11:14:53 (id:14467)
La fête de l'Aïd el-Kebir (aïd el-adha, ou fête du sacrifice)
La fête de l'Aïd el-Kebir (aïd el-adha, ou fête du sacrifice)
À nouveau, le sacrifice du fils n'a pas lieu,
Qesas-e Qor'ân ou Qesas al-anbiyâ
(Histoires du Coran ou Histoire des prophètes et des rois du passé)
[Qazvin] Iran, vers 1595
Papier, 192 f., 29,5 x 20,5 cm
BNF, Manuscrits orientaux, supplément persan 1313, f. 40





Célébration de l'Aïd-al-Adha 1426 Hégire


En cette période de Grand pèlerinage (Hajj), nos pensées vont vers nos pèlerins qui ont rejoint les Lieux Saints de l'Islam, près de 25.000 personnes, en leur souhaitant un heureux pèlerinage agréé par Dieu et un bon retour dans leurs familles.

Comme tous les musulmans de par le monde, nous célébrerons cette année, à l'occasion de l'Aïd-al-Adha, le souvenir du sacrifice du Patriarche Abraham en pratiquant le sacrifice rituel selon les règles légales.


La date prévue pour l'Aïd-al-Adha est le Mardi 10 janvier 2006
(correspondant au 10 Dhu'al Hijja de l'an 1426 du calendrier hégirien)

À cette occasion, la Prière rituelle de l'Aïd-al-Adha aura lieu à 9h00 précises à la Grande Mosquée de Paris et sera dirigée par le Grand Muphti, M. Djelloul Bouzidi. Nous invitons les fidèles à se rendre à cet office avec toute la ferveur et la dignité que représente une telle manifestation de la Miséricorde Divine.

Nous rappelons que le déroulement de la Fête de l'Aïd-al-Adha (ou Aïd-al-Kebir) s'étend traditionnellement sur les trois (3) jours consacrés à l'événement (10-11-12 janvier).

Nous rappelons également à tous nos fidèles que le sacrifice rituel doit se dérouler dans les abattoirs agréés dans le strict respect des règles d'hygiène sanitaire et de bienséance (les adresses d'abattoirs en région parisienne sont disponibles sur le site de la Mosquée).

Nous appelons toutes les familles à la vigilance et à la sérénité pour le bon déroulement cette grande occasion festive qui exprime notre foi confiante dans la volonté de Dieu Tout Puissant.

La Grande Mosquée de Paris souhaite à tous nos Frères et Sœurs une Bonne Fête de l'Aïd-al-Adha (ou Aïd-al-Kebir) avec une pensée particulière pour tous ceux qui souffrent, qui sont dans la peine ou malades.

Docteur Dalil Boubakeur
Recteur de l'Institut Musulman
de la Mosquée de Paris


- source de cette information, le site de la Mosquée de Paris :
http://www.mosquee-de-paris.net/article_231.html




La fête de l'Aïd el-Kebir
fixée au 10 janvier


La fête de l'Aïd el-Kebir aura vraisemblablement lieu du 10 au 12 janvier cette année malgré l'absence d'annonce officielle de la part du Conseil français du culte musulman


Le Conseil judiciaire suprême d'Arabie a fixé cette année la date de l'Aïd-al-Adha ou Aïd el-Kebir ("grande fête"), au 10 janvier, qui correspond au dixième jour du mois lunaire de Dhou Al-Hajja.
"Echaudé" par une correction de date de dernière minute en 2005, le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance nationale représentative de l'islam, n'a pas annoncé de date officielle cette année.
Mais différentes organisations musulmanes françaises - Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), Union des organisations islamiques de France (UOIF), Institut musulman de la mosquée de Paris - ont indiqué avoir retenu la date du mardi 10 janvier.


Le sacrifice rituel
Beaucoup de musulmans ont effet besoin de la connaître pour poser des jours de congé.
L'Aïd el-Kebir est le nom donné au Maghreb - d'où vient une bonne part des musulmans français- à l'Aïd el-Adha ("fête du Sacrifice").
Pour cette fête la tradition veut que le chef de famille égorge un mouton, commémorant ainsi le geste d'Abraham, dont Dieu a éprouvé la foi en lui demandant le sacrifice de son fils, remplacé in extremis par un bélier.

Cette pratique est interdite en France pour des raisons sanitaires mais peut être réalisée dans des abattoirs agréés.
L'Aïd el-Kebir peut être réalisé durant les trois jours de la fête - cette année les 10, 11 et 12 janvier - mais les familles préfèrent souvent le premier jour.


Le pèlerinage à la Mecque
Près de 25.000 musulmans vivant en France ont fait cette année le pèlerinage de La Mecque (Arabie saoudite), qui se termine par la fête de l'Aïd el-Kebir, la plus importante de l'islam, célébrée le 10 janvier, a-t-on appris mercredi auprès de l'ambassade d'Arabie et d'organisations musulmanes.
Selon l'ambassade d'Arabie saoudite à Paris, environ 25.000 personnes sont parties de France pour La Mecque pour respecter l'un des cinq piliers de l'islam, qui veut que tout musulman qui en a les moyens se rende au moins une fois dans la ville sainte de La Mecque.
Le Nouvel Obs.com, 4 janvier 2006



- source de cet article :
http://permanent.nouvel...e/20060104.OBS0918.html

- iconographie musulmane sur Abraham (Ibrahim) dans exposition BnF :
http://www.ac-versaille...oire/bibletoracoran.htm



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Posté le 05/01/2006 à 11:14:35 (id:14466)
Le Jugement (Bible) - L'Échéante (Coran)
Le Jugement (Bible) - L'Échéante (Coran)
Dieu est la lumière des cieux et de la terre.
(...) Lumière sur lumière ! Dieu guide à Sa lumière qui Il veut
(Coran, XXIV, 35)




Le Jugement - L'Échéante

Bible - Coran



Le Jugement

Alors je vis un grand trône
blanc et celui qui y siégeait :
devant sa face la terre et le ciel
s'enfuirent sans laisser de
traces.
Et je vis les morts, les grands
et les petits, debout devant le
trône,
et des livres furent ouverts.
Un autre livre fut ouvert : le
livre de vie,
et les morts furent jugés selon
leurs oeuvres, d'après ce qui
était écrit dans les livres.
La mer rendit ses morts,
la mort et l'Hadès rendirent
leurs morts
et chacun fut jugé selon ses
oeuvres.
Alors la mort et l'Hadès furent
précipités dans l'étang de feu.
L'étang de feu, voilà la
seconde mort !
Et quiconque ne fut pas trouvé
inscrit dans le livre de vie fut
précipité dans l'étang de feu.

Apocalypse, 20, 11-15




L'Échéante

Donc, quand il sera soufflé dans la trompe
ce ne sera qu'une seule fois
et la terre et les montagnes seront emportées
et d'un seul coup s'aplaniront
ce Jour-là écherra l'échéante
le ciel se fendra, devenu flasque en ce Jour
sur ses bords se tiendront les anges ; au-dessus d'eux
une huitaine portera le Trône de ton Seigneur.
Ce Jour-là vous comparaîtrez, nul recel en vous ne sera celé.
Ou bien quiconque aura reçu son écrit dans sa droite dira : "Tenez ! lisez mon écrit!"
je savais bien que je rencontrerais mon compte
et il aura existence de contentement
dans un haut Jardin
aux cueillettes à sa portée
"Mangez, buvez en paix de ce que vous-mêmes dans les jours révolus aurez avancé".
Ou bien quiconque aura reçu son écrit dans sa gauche dira : "Oh ! si j'avais pu ne pas recevoir mon écrit, ne jamais connaître mon compte !
ah ! si ç'avait été définitif !
à rien ne m'auront servi mes richesses
en moi s'est abolie ma justification".
- "Attrapez-le. Passez-lui un carcan
et encore mettez-le brûler dans la Géhenne
ety puis encore dans une chaîne de soixante-dix coudées l'enroulez !"
il ne se pressait pas de nourrir l'indigent
il ne trouvera ici, en ce Jour, pas plus d'intime
ni de nourriture, hormis de breuvage infernal
ce manger des seuls pécheurs...

Coran, sourate LXIX, versets 13-37
trad. Jacques Berque





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Posté le 01/01/2006 à 22:22:01 (id:13860)
Souvenirs sur le Cheikh Al Alaoui (Dr Marcel Carret, 1942)
Souvenirs sur le Cheikh Al Alaoui (Dr Marcel Carret, 1942)
le cheikh Al-Alaoui




Souvenirs sur le Cheikh Al Alaoui

Dr Marcel CARRET



Je rencontrai pour la première fois le Cheikh Al Alaoui au printemps de 1920. Ce ne fut pas par hasard. J'avais été appelé auprès de lui comme médecin. Je n'étais alors installé à Mostaganem que depuis quelques mois.

Quel motif avait pu inciter le Cheikh à consulter un médecin, lui qui attachait si peu d'importance à nos petites misères corporelles? Et pour quelle raison m'avait-il choisi, parmi tant d'autres, moi nouveau venu ?

Je l'ai su plus tard par lui-même. Peu de temps après mon arrivée à Mostaganem, j'avais installé dans la ville arabe de Tijditt, exclusivement à l'usage des musulmans, une infirmerie ou je venais trois fois par semaine donner des consultations pour un prix minime. Les indigènes éprouvent une répugnance instinctive pour les dispensaires administratifs. Mon infirmerie installée dans leur Ville, chez eux et disposée conformément à leurs goûts et à leurs coutumes, fut un succès. Des échos en parvinrent aux oreilles du Cheikh.

Cette initiative d'un médecin français nouvellement débarqué, qui, contrairement à la plupart des Européens semblait ne pas considérer les musulmans de toute la hauteur d'un orgueil méprisant, attira son attention. Sans que je le sache et sans la moindre tentative d'investigation de sa part, il était bénévolement renseigné par les disciples sur ma personne, et mon attitude sympathique à l'égard des musulmans.

Il en résulta que le Cheikh Al Alaoui me connaissait déjà très bien alors que j'ignorais encore son existence. Une grippe assez sérieuse qu'il contracta au cours du printemps de 1920, le décida à me faire appeler.

Dés le premier contact j'eus l'impression d'être en présence d'une personnalité sortant de l'ordinaire. La salle ou l'on me fit entrer était, comme toutes les pièces des demeures musulmanes dépourvues de meubles, il ne s'y trouvait que deux coffres, que j'ai su plus tard renfermer des livres et des manuscrits. Mais le parquet était couvert de bout en bout, de tapis et de nattes d'alfa. Dans un coin un matelas, recouvert d'une couverture et sur ce matelas le dos appuyé contre des coussins, le torse droit, les jambes repliés, les mains posées sur les genoux, immobile, en une attitude hiératique mais que l'on sentait naturelle, était assis le Cheikh.

Ce qui me frappa de suite, fut sa ressemblance avec le visage sous lequel on a coutume de représenter le Christ. Ses vêtements, si voisins, sinon identiques, de ceux que devait porter jésus, le voile de très fin tissu blanc qui encadrait ses traits, son attitude enfin tout concourait pour renforcer encore cette ressemblance. L'idée me vint à l'esprit que tel devrait être le Christ recevant ses disciples, lorsqu'il habitait chez Marthe et Marie.

La surprise me retient un instant, sur le seuil de la porte lui aussi me considérait, mais d'un regard lointain. Il rompit le premier le silence, prononça les paroles habituelles de bienvenue, et me pria d'entrer. Son neveu Sidi Mohammed, lui servait d'interprète car le Cheikh comprenait bien le français, mais il le parlait avec une certaine difficulté et affectait de l'ignorer complètement quand il était en présence d'un étranger.

Je demandais des sandales pour recouvrir mes chaussures, afin de ne pas souiller le tapis et le nattes mais il me fit dire que cela n'avait aucune importance. Sur sa demande on m'apporta une chaise, mais ce meuble me parut si ridicule dans un tel décor que j'en déclinais l'offre, et préférai m'asseoir sur un coussin. Il eut un fin sourire, et je sentis que, par ce simple geste, j'avais déjà gagné sa sympathie.

Sa voie était douce, un peu voilée. Il parlait peu en phrases courtes, et son entourage, attentif à ses moindres mots, à ses moindres gestes, obéissait en silence. On le sentait entouré d'un profond respect.

Déjà au courant des habitudes musulmanes, et devinant que j'avais affaire à "quelqu'un", je me gardais bien d'aborder brusquement le sujet pour lequel on m'avait fait appeler. Je laissais le Cheikh m'interroger par l'intermédiaire de Sidi Mohammed, sur mon séjour à Mostaganem, les motifs qui m'y avaient amené, les difficultés que j'avais pu rencontrer, et les satisfactions éprouvées.

Durant cette conversation, un jeune disciple avait apporté sur un vaste plateau de cuivre, du thé arabe parfumé à la menthe, et quelques gâteaux. Le Cheikh n'y toucha pas, mais m'invita à boire lorsque le thé fut servi et prononça pour moi le "Bismillah", "Au nom d'Allah", lorsque je portais le verre à mes lèvres.

Ce n'est qu'après l'accomplissement de tout ce cérémonial d'usage que le Cheikh se décida à me parler de sa santé.

Marcel CARRET, Tanger , 1942
in Martin Lings, Un saint soufi du XXe siècle. Le cheikh Ahmad al-‘Alawî,
Points-Seuil, Sagesse, 1990, p. 15-17.



- le texte complet sur un site consacré au cheikh al-Alaoui :
http://al.alawi.1934.free.fr/Souvenirs.php

- le site al-Alawî :
http://al.alawi.1934.free.fr/



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Posté le 28/12/2005 à 11:18:53 (id:13077)
Création du monde : le Tsimtsoum ou le retrait (Marc-Alain Ouaknin)
Création du monde : le Tsimtsoum ou le retrait (Marc-Alain Ouaknin)
galaxie d'Andromède

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Création du monde : le Tsimtsoum ou le retrait


La théorie du Tsimtsoum représente une des conceptions les plus surprenantes et les plus hardies dans l'histoire de la Cabale. Tsimtsoum signifie originellement "concentration" ou "contraction". Dans le langage cabalistique, il est mieux traduit par "retrait" ou "rétraction".

Rabbi Isaac Louria se posa les questions suivantes :
- Comment peut-il y avoir un monde si Dieu est partout ?
- Si Dieu est "Tout en tout", comment peut-il y avoir des choses qui ne soient pas Dieu ?
- Comment Dieu peut-il créer le monde ex nihilo (à partir de rien), s'il n'y a pas de néant ?

Rabbi Isaac Louria répondit en formulant la théorie du Tsimtsoum ou "retrait". Selon cette théorie, le premier acte du Créateur ne fut pas de se révéler lui-même à quelque chose d'extérieur. Loin d'être un mouvement sur le dehors ou une sortie de son identité cachée, la première étape fut un repli, un retrait ; Dieu se retira "de lui-même en lui-même" et, par cet acte, abandonna au vide une place en son sein, créa un espace pour le monde-à-venir.

En un certain point au sein de la lumière de l'In-fini (En-sof), l'essence divine ou la "lumière" s'éclipsa ; un espace était laissé vide au milieu. Par rapport à l'Infini, cet espace n'était pas plus qu'un point infinitésimal, mais par rapport à la Création, c'était tout l'espace cosmique. Dieu ne put se manifester que parce qu'au prélabale il se retira.

Dans les écrits lourianiques, "l'espace vide" est dénommé par le terme Tehirou. Selon Louria, il est resté dans ce vide primordial, un faible résidu, une trace de la plénitude et de la lumière divine, appelée Rechimou.

Marc-Alain Ouaknin, Introduction à la méditation hébraïque,
Albin Michel, coll. "Spiritualités vivantes" (1992), 2000, p. 31-32.




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Posté le 21/12/2005 à 17:56:25 (id:12463)
L'universalisme de l'islam (Coran, Ibn ‘Arabî et Ab-el-Kader))
L'universalisme de l'islam (Coran, Ibn ‘Arabî et Ab-el-Kader))
Louis Granata (1901-1964), La prière



L'universalisme de l'islam



- Ceux qui croient,
Ceux qui suivent le judaïsme,
Les chrétiens, les Mandéens (ou Sabéens)
Quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier,
effectue l'oeuvre salutaire,
ceux là trouveront leur salaire auprès de Dieu.
Il n'est pour eux de crainte à nourrir, et ils n'éprouveront nul regret.
Coran, sourate II, verset 62


- Dites :
Nous croyons en Dieu
et en ce qui est descendu sur nous,
en ce qui est descendu sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Lignages (les tribus),
en ce qui fut donné à Moïse, à Jésus,fut donné aux prophètes de la part de leur Seigneur.
De tous ceux-là nous ne séparons pas un seul, puisque c'est à Lui que nous nous soumettons.
;">Coran, sourate II, verset 136 et sourate III, 84


- La piété ne consiste pas à tourner votre tête du levant au couchant. Mais la piété consiste à croire en Dieu, au jour dernier, aux anges, à l'Écrit, aux prophètes, à donner de son bien, pour attaché qu'on y soit, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, aux enfants du chemin, aux mendiants, et pour l'affranchissement de nuques (esclaves), à accomplir la prière, à acquitter la purification, à remplir les pactes une fois conclus, à prendre patience dans la souffrance et l'adversité au moment du malheur : ceux-là sont les véridiques, ce sont eux qui se prémunissent.
Coran, sourate II, verset 177


- Celui qui est fixé sur telle adoration particulière ignore nécessairement (la vérité intrinsèque d'autres croyances), par là-même que sa croyance en Dieu implique une négation d'autres formes de croyance. S'il connaissait le sens de la parole de Junayd : "La couleur de l'eau, c'est la couleur de son récipient", il admettrait la validité de toute croyance, et il reconnaîtrait Dieu en toute forme et en tout objet de foi. C'est qu'il n'a pas connaissance (de Dieu), mais se fonde uniquement sur l'opinion dont parle la parole divine : "Je Me conforme à l'opinion que Mon serviteur se fait de Moi", ce qui veut dire : Je ne Me manifeste à Mon adorateur que sous la forme de sa croyance ; donc qu'il généralise, s'il veut, ou qu'il détermine. La divinité conforme à la croyance est celle qui peut être définie, et c'est Elle, le Dieu que le coeur peut contenir (selon la parole divine : "Ni Mes cieux, ni Ma terre ne peuvent Me contenir, mais le coeur de Mon serviteur fidèle Me contient"). Car la divinité absolue ne peut être contenue par aucune chose, puisqu'Elle est l'essence même des choses et Sa propre essence.
Ibn ‘Arabî (1165-1240), La sagesse des Prophètes, trad. Titus Burckhardt, Paris, Albin Michel, 1974 ; cité par Eva de Vitray-Meyerovitch, Anthologie du soufisme, Albin Michel, 1995, p. 265.



Abdelkader, Lettre à toutes les tribus arabes habitant l'Algérie et plus particulièrement à leurs ulémas, cheikhs et chefs religieux et militaires (23 rébi-el-anouar 1300 - 1886/87)
(...)
- «Un des prophètes des Israélites dit un jour :
- Seigneur, les rois des Perses sont des païens, adorateurs du feu ; ils sont comblés de Vos bienfaits. Ils adorent un autre que Vous, et pourtant Vous leur laissez la royauté et Vous leur donnez de longues vies.
Dieu lui répondit :
- Ces gens ont fait prospérer Mon pays afin que Mes créatures y vivent dans l'aisance. Voilà pourquoi Je leur laisse la royauté et leur accorde longue vie. Le prophète David construisait le temple sacré de Jérusalem. Mais, à plusieurs reprises, il arriva que chaque fois qu'il était terminé, le temple tombait de lui-même. Dieu lui dit alors :
- Il ne vous est pas donné d'en achever la construction et ce sera la tâche de votre fils Salomon, car vous avez versé le sang, voulant dire par là qu'il détruisait le pays.
- Mais, Seigneur, reprit David, n'est-ce point pour Votre gloire ?
- Oui, répondit le Seigneur, mais ne sont-ce point aussi mes créatures qui sont frappées ?
Les hommes sont donc de la famille de Dieu, et le Seigneur aime de préférence ceux qui concourent à faire du bien à Sa famille. Le genre humain est trop aimé de Dieu, son créateur, et toutes les créatures, depuis les plus hautes jusqu'aux plus humbles, sont consacrées au bien et au service du grand tout qu'on appelle le genre humain.»

Cf. Ferdinand de Lesseps, Souvenirs de quarante ans, 1887,
cité par Bruno Étienne, Abdelkader, Hachette Littératures/Pluriel, 2003, p. 411.


- cf. la conférence d'Éric Geoffroy : l'universalisme de l'islam, unité et multiplicité :
http://www.religioperennis.org/Wisdom.html#Islam

- iconographie : http://orientaliste.free.fr/expovirt/t90.html




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Posté le 21/12/2005 à 15:30:28 (id:12438)
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