- Les Espagnes
Grenade en 1850 (Federico Garcia Lorca)
Grenade en 1850 (Federico Garcia Lorca)
Alhambra, fontaine de Lindjara (Grenade)






Grenade en 1850

Federico Garcia LORCA



Depuis ma chambre
j'entends le jet d'eau.

Un doigt de la treille
un rais de soleil
désignent le lieu
où est mon coeur.

Sur la brise d'août
s'en vont les nuées.
Au coeur du jet d'eau, je rêve
que je suis éveillé.


Federico Garcia Lorca, Poésies II,
nrf Poésie/Gallimard, 2005, p. 104.



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Posté le 27/02/2006 à 23:46:13 (id:25897)
Se Cumplen cinco años de la creación de la ARMH (Cinq années ont passé depuis la création de la A.R.M.H.)
Se Cumplen cinco años de la creación de la ARMH (Cinq années ont passé depuis la création de la A.R.M.H.)
Photo de Eloy Alonso González
pour un reportage intitulé "La fosse de l'oublié"
Ce photographe a réalisé plusieurs reportages sur les exhumations
des fosses communes du franquisme
eloyalonso@teleline.es





Se Cumplen cinco años de la creación
de la ARMH

La ARMH exhumó a 520 víctimas de la guerra
en cinco años a la espera de apoyo estatal


J.S.M./La Crónica
PONFERRADA.— El 28 de octubre de 2000 a las diez de la mañana brotaron las emociones en Priaranza del Bierzo. Ese día, a esa hora, salieron a la luz los primeros restos de 13 republicanos asesinados por la guerra civil. Desde esa fecha se les conoció como los '13 de Priaranza'. Simbolizaron el inicio de un movimiento que ahora, cuando se cumplen cinco años de aquella jornada, ha alcanzado unas dimensiones que entonces apenas se podían aventurar.

Aquella jornada en esta localidad berciana supuso el nacimiento de la Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica. Un lustro después, este colectivo ha generado un intenso debate sobre el tratamiento a las víctimas de la guerra civil que asoló España entre 1936 y 1939. Pero, lo que es más importante, ha devuelto a sus familias los restos de 520 víctimas del bando republicano. Son, eso sí, apenas una parte de los más de 30.000 que, según los cálculos de la propia asociación, permanecen todavía sepultados en cunetas y montes.


- source de cet article : le site de l'Association pour la Réhabilitation de la Mémoire Historique A.R.M.H.



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Posté le 02/02/2006 à 19:06:46 (id:19937)
Les fosses du franquisme - pour la réhabilitation de la mémoire historique
Les fosses du franquisme - pour la réhabilitation de la mémoire historique
Les fosses du franquisme,
d'Emilio Silva et Santiago Macias






Les charniers de Franco

François-Guillaume LORRAIN


Cela devait être un roman. Celui qu'Emilio Silvavoulait écrire sur son grand-père, jeté dans la fosse commune d'un village du Bierzo par les franquistes en 1936. Pour nourrir sa fiction, il retourne dans ce village. On lui indique un noyer devant lequel les gosses passent en courant, où l'on n'envoie pas les bêtes paître. Sous ce noyer, «les treize de Priaranza». En octobre 2000, Emilio ordonne l'exhumation. Son grand-père sera identifié grâce à un test ADN en 2003, avec l'aide de l'université de Grenade. Il n'y aura pas de roman, mais un article de journal, puis une lame de fond populaire devenue la grande affaire d'une Espagne qui tente enfin de se réconcilier en guérissant de son «hémiplégie mémorielle». Alors que la dernière statue de Franco vient d'être déboulonnée à Madrid, 507 corps ont été exhumés et 3 000 familles ont déposé une demande auprès de l'Association pour la récupération de la mémoire historique fondée par Silva. «Au début, les gens avaient peur. Cette peur n'existe plus», déclare Silva, coauteur avec Santiago Macias des « Fosses du franquisme ». 600 charniers - 40 000 cadavres - jalonnent l'Espagne. D'ici à l'été, un projet de loi obligera le gouvernement à financer les exhumations.

En 1940, seuls les franquistes avaient pu enterrer les 12 000 prêtres et civils tués par les républicains en 1936. En 1977, on exhume sauvagement les «vaincus». Le coup d'Etat de 1981 stoppe tout. En dépit de son échec, la transition démocratique est jugée fragile. Il faudra attendre vingt ans pour que la démarche de Silva rencontre un mouvement collectif qui ramène sur la scène publique la logique d'éradication du franquisme établie par les historiens : «L'Espagne a traîné les pieds. Seuls trois juges ont répondu à nos demandes. Nous avons dû passer par l'Onu et la presse internationale.» Le jour de notre rencontre, l'Espagne déclare vouloir examiner le génocide tibétain. Réaction de Silva : «Pour instruire des plaintes au Chili, en Argentine, au Guatemala, l'Espagne est très forte. Mais, pour balayer devant sa porte, c'est une autre histoire.»

- Les fosses du franquisme, d'Emilio Silva et Santiago Macias. Traduit et préfacé par Patrick Pépin (Calmann-Lévy, 306 pages, 20 euros).

François-Guillaume Lorrain
© Le Point, 26 janvier 2006 - n°1741 - p. 91



- source de cet article : Le Point, 6 janvier 2006.

- librairie Les fosses du franquisme, d'Emilio Silva et Santiago Macias

- le site de l'Association pour la réhabilitation de la mémoire historique : Asociación para la recuperación de la memoria histórica







Présentation du livre par l'éditeur


Les Fosses du franquisme est un document indispensable pour comprendre les soubresauts de la société espagnole d'aujourd'hui et réaliser une lecture plus juste de ce que fut la guerre civile d'Espagne.

Emilio Silva et Santiago Macías, les deux auteurs, trempent leur plume dans une plaie qui n'est pas encore cicatrisée, celle de l'extrême brutalité du travail d'éradication de républicains ordinaires auquel s'est livré le franquisme pendant la guerre et au-delà, tout au long de la dictature. Ce livre nous révèle que toute la géographie espagnole porte les stigmates d'une lutte cruelle qui a fait plus de morts pour raisons de conscience que pour faits de guerre.

Plus de six cents charniers qui contiennent près de quarante mille corps parsèment encore les bas-côtés des routes, les collines, les puits, les précipices de la Péninsule, mais aussi des Baléares et des Canaries. Le travail d'éradication a été pensé dès la préparation du coup d'Etat de Franco. Il fallait non seulement faire peur, terroriser, pour marquer durablement l'ennemi. Mais il fallait surtout faire disparaître, au sens physique du terme, les instituteurs que la République avait formés, les avocats et les médecins des pauvres, les syndicalistes, les animateurs des cercles culturels, les fonctionnaires fidèles au gouvernement légal, les élus du Front populaire.

Les "vaincus" se sont d'abord tus. Les survivants ont contraint leurs enfants au silence pour leur épargner répression et humiliations. Les petits-enfants, qui n'avaient pour certains même pas dix ans à la mort du dictateur, ont commencé vers le milieu des années quatre-vingt dix une quête parfois strictement personnelle sur une histoire occultée. Et à l'ère d'Internet, ils ont basculé de l'intime au collectif. De l'espace familial à la sphère politique, ils ont porté sur la place publique le refoulé.

La génération d'Emilio et de Santiago n'a plus peur. Elle habite le passé et le présent espagnol sans complexe. Elle est fière d'être l'héritière des proscrits. Sur ses tee-shirts, elle arbore un slogan : Somos los nietos de los vencidos
. "Nous sommes les petits-enfants des vaincus."

Las Fosas de Franco - traduit par Patrick Pépin


- source de cet article : éditions Calmann-Lévy




Espagne
Les morts oubliés du franquisme

Cécile THIBAUD


Trente ans après la mort du dictateur, le 20 novembre 1975, une association cherche toujours les fosses communes où ont été jetées ses victimes pour leur offrir une vraie sépulture

Toute son enfance, Emilio a fouillé dans le grenier de la famille. Comme un gamin curieux, à la recherche de ce grand-père dont on parlait si peu et qui portait le même nom que lui: Emilio Silva, instituteur dans un petit village de Leon, dans le nord-ouest de l'Espagne, arrêté, exécuté et jeté dans un fossé un matin d'octobre 1936, à l'arrivée des troupes de Franco. Tué pour l'exemple. Sans même avoir pris un fusil. C'est à sa mémoire qu'Emilio a créé, en 2000, l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH). Sa mission? Lutter contre l'oubli. Et surtout aider les familles à retrouver leurs proches disparus.

«Ma grand-mère est morte il y a huit ans, sans savoir où avait été abandonné le corps de mon grand-père. Après l'assassinat de son époux, il ne lui restait qu'un lopin de terre.» A peine de quoi subsister pour elle et ses six enfants. L'aîné - le père d'Emilio - a 10 ans. Finie l'école. Le voici soutien de famille. Fils de «rouge», il doit demander au curé un certificat de bonne conduite pour espérer trouver un emploi.

«Réconciliation» déséquilibrée
Il courbe l'échine tandis que les assassins de son père se pavanent au village. Voilà cinq ans, Emilio apprend par hasard l'endroit où a été jeté le corps de son grand-père. Il décide d'ouvrir la fosse pour lui offrir une sépulture digne de ce nom. Publiée dans le journal local, son histoire fait boule de neige. Des fils, petits-fils, neveux de disparus le contactent. Ils veulent, eux aussi, rechercher leurs morts. Emilio réalise que tous les villages possèdent leurs fosses communes. Et que, plus de vingt ans après la mort de Franco, la peur des représailles impose toujours le silence.

Avec l'aide d'archéologues et de volontaires, l'ARMH a ouvert en cinq ans plus de 73 fosses et exhumé 585 corps. Cependant, cette initiative dérange les partis politiques de droite comme de gauche, lesquels, au moment de la transition vers la démocratie, en 1977, ont choisi la réconciliation nationale sans solder les comptes du franquisme. «Aujourd'hui, les petits-enfants n'acceptent plus ce compromis: du côté franquiste, les vainqueurs ont leurs monuments aux morts, leurs hommages et leurs tombes fleuries; les autres n'ont que le silence et le mépris.»

L'année dernière, le président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero - petit-fils de fusillé républicain - a promis une loi sur la «récupération de la mémoire». Celle-ci devrait inclure des indemnisations et la transformation du mausolée de Franco, près de Madrid, en un musée pédagogique consacré à la guerre civile... et à la répression qui s'est ensuivie. Mais le projet tarde à se concrétiser. Le 20 novembre, en revanche, les derniers nostalgiques de Franco seront fidèles au rendez-vous. Pour fleurir sa tombe, au 30e anniversaire de sa mort.

Cécile Thibaud, L'Express
18 novembre 2005


- source de cet article : L'Express, 18 novembre 2005.






«Il reste des traces du franquisme»

Emilio SILVA



Vous avez fondé en 2000 l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH). Quel est votre parcours personnel ?

Au cours d'une enquête sur la guerre civile, j'ai croisé un ami de mon père qui savait où a été enterré mon grand-père, républicain fusillé pendant cette période. J'ai écrit un article intitulé : «Mon grand-père aussi était un républicain.» Peu après, j'ai reçu des témoignages de personnes ayant une histoire semblable, mais qui n'avaient pas les moyens d'enquêter sur ce sujet. Ma quête personnelle sur mon grand-père s'est élargie, et j'ai créé cette association qui a permis d'exhumer cinq cent sept corps et de les rendre aux familles des victimes.

Comment réagissent les habitants des villages où ont lieu ces exhumations ?

Au début, ils redoutaient que les phalangistes reviennent et les empêchent de continuer. Cinq ans plus tard, les peurs se sont estompées, mais sans s'effacer totalement dans la société espagnole. Sinon, le gouvernement mettrait moins de temps à faire avancer le projet de loi permettant de reconnaître les victimes du franquisme pour permettre la réconciliation nationale.

Ce projet de loi a été voté en juillet 2004. Où en est-il ?

La vice-présidente du gouvernement a promis de le transformer en loi d'ici à l'été. Le fait qu'on commémore en 2006 les 70 ans du début de la guerre civile espagnole, les 75 ans de la seconde République, et qu'on ait commémoré les 30 ans de la mort de Franco favorise la chose.

Quelles traces a laissé le franquisme ?

Des milliers de rues et de places portent le nom des généraux de Franco. Autre trace : la faible participation de la population dans la vie politique, et la peur persistante de certains citoyens à faire usage de leur liberté. Je me souviens que lors d'une exhumation à Séville, une femme a lu la liste des personnes assassinées dans cette fosse. A la fin, elle a expliqué ceci : «Ma mère m'a dit de lire très vite la liste, de ne pas me signaler et de partir.» Ce réflexe de ne pas se signaler, comme au temps de la guerre civile, est resté chez certains.

Le gouvernement a symboliquement entrepris de déboulonner les statues équestres du Caudillo...

Oui, mais la statue à Madrid a été déboulonnée la nuit, sans que cela permette de faire un travail de mémoire, ni une vraie leçon d'histoire. Et la statue équestre du Caudillo située dans l'enclave de Melilla, déplacée pour des travaux, vient d'être réinstallée...

Qu'attendez-vous aujourd'hui ?

Que les pouvoirs publics donnent les moyens – financiers notamment – de retrouver les disparus, et qu'il y ait un recensement complet des victimes de la guerre. Car sur les 51 provinces espagnoles, il y en a 20 où le recensement n'a pas commencé.

20 Minutes, propos recueillis par Faustine Vincent
12 janvier 2006


- source de cet article : 20 minutes.fr




Les fosses et les démons du franquisme

Gérald PAPY


Rencontre avec Emilio Silva, de l'Association pour la réhabilitation de la mémoire.
Il a lancé et imposé les travaux d'exhumation des cadavres des «vaincus» de la guerre civile.
Un passé longtemps occulté malgré la démocratie. Emilio Silva a écrit avec Santiago Macias Les fosses du franquisme. Rencontre avec l'auteur et son traducteur, Patrick Pépin, journaliste et médiateur à «France Culture».

Pourquoi l'Espagne a-t-elle attendu si longtemps pour effectuer ce travail de mémoire ?

Il y a plusieurs explications. La première: comme dans tout travail de mémoire, il y a une sorte de saut générationnel. Ce n'est jamais le travail des enfants ; c'est souvent le travail des petits-enfants.

Ensuite, des dictatures, la dictature franquiste est celle qui a duré le plus longtemps. Le nazisme n'a pas duré vingt ans; le fascisme italien a duré un peu plus de vingt ans; le franquisme, quarante ans. Il avait installé une série de structures qui ont fait que le travail de mémoire a été un peu plus tardif que ce qu'il n'aurait dû être. Pendant quarante ans, tout le système éducatif a été mis en place pour contraindre à l'oubli. Si la mémoire des Républicains était absente, la mémoire des vainqueurs de la guerre civile était omniprésente: des milliers de monuments, des aides systématiques aux enfants des vainqueurs... Il y a eu là ce que Patrick Pépin a appelé à juste titre dans la préface de notre livre une sorte d'«hémiplégie mémorielle». Tout cela a pesé lourdement quand tout d'un coup, l'Espagne a voulu se lancer dans un travail de mémoire.

Autre explication: la transition, pour pouvoir consolider la démocratie, a été contrainte de consolider la monarchie. Dès lors, le seul mot de «République» ou de «républicain» était considéré comme gênant.

Vous évoquez dans votre livre la terreur qu'a longtemps continué à inspirer le franquisme. Comment s'exerçait-elle?

Dans les villages où nous faisons les exhumations, peu de chose a changé. Les vainqueurs et donc souvent les assassins, qui occupaient des fonctions sociales importantes, continuent de les occuper.

Une partie de l'Espagne était complètement ouverte à mener un travail de mémoire dès le début des années'80. Mais il y a eu le coup d'Etat du colonel Tejero, en février 1981. Les Espagnols ont senti que le pire pouvait revenir et à partir de là, ça les a «congelés». Ils se sont dès lors battus sur les autres valeurs qui leur semblaient importantes, le développement de la démocratie, etc... Après cela, les partis de gauche ont décidé de mettre sur le côté cette question.

Quel a été le rôle de l'Eglise catholique dans l'occultation du passé ?

L'Eglise catholique a passé son temps à revendiquer «ses» morts, les 8000 à 10000 prêtres, religieuses, moines, qui ont été tués dans les six premiers mois de la guerre civile. Elle n'a pas été qu'un symptôme. Elle a été actrice de l'«hémiplégie mémorielle». L'Eglise a ignoré le fait que, du côté républicain, il n'y avait pas que des «laïcards»; il y avait des catholiques, certains très pratiquants. A l'entrée de toutes les églises en Espagne, existe toujours la fameuse plaque avec les noms de ceux «qui sont morts pour Dieu et pour la patrie», les morts du côté franquiste. Notre association demande régulièrement de retirer ces plaques ou de les remplacer par d'autres recensant tous les morts de la guerre civile. L'Eglise refuse et répond: «Non, non, ça, ce sont nos morts».

Vous avez obtenu des résultats dans votre travail d'exhumation. Réclamez-vous d'autres gestes de la part du gouvernement ?


Beaucoup d'autres. Un exemple. Mon fils à 15 ans; il est en 3e secondaire; c'est la première fois, depuis qu'il va à l'école, qu'il aborde la question de la guerre civile. Il y a quatre pages à ce sujet dans son livre d'histoire. Deux pages pour des chansons; les deux autres pour des photos et des cartes. Comme si la guerre n'avait été qu'une affaire militaire.

Nous attendons aussi la reconnaissance du statut de victimes pour les gens qui ont participé à la guerre civile. Nous demandons que le 19 novembre 1933 soit un jour de commémoration parce que les hommes et les femmes, en Espagne, ont pour la première fois voté et décidé de leur destin. Que par cet acte-là, l'autorité publique reconnaisse l'apport des premiers démocrates espagnols que sont les républicains.

Nous demandons encore la création d'une Commission Vérité comme il y en a eu en Afrique du Sud, au Chili, en Argentine, et qu'elle ait pour mission de faire une véritable enquête sur ce qui s'est passé...

L'accession au pouvoir de M. Zapatero vous donne-t-elle des espoirs ?

Zapatero est le fils d'un capitaine fidèle à l'armée républicaine. Ce gouvernement peut changer des choses mais peut aussi faire preuve d'une certaine timidité en raison d'une peur de l'extrême droite (lire ci-dessous). Un projet de loi est en préparation pour le printemps sur la mémoire. Il peut aussi faire aboutir une revendication essentielle, la disparition des rues et des monuments au nom de Franco. Il y en a encore des centaines... C'est comme s'il y avait encore en Allemagne une «avenue Hitler».

© La Libre Belgique, Gérald Papy
12 janvier 2006


- source de cet article : La Libre Belgique en ligne


- autres sources :
* Quand Franco est mort, nous avions 30 ans
* "L'assourdissant cri du silence". El Foro por la Memoria en L'Humanité





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Posté le 02/02/2006 à 12:25:19 (id:19885)
Le cri du général Millán Astray le 12 octobre 1936
Le cri du général Millán Astray le 12 octobre 1936
le général José Millán Astray



Millán Astray était partisan du général Franco et l'auteur de "vive la mort !" crié dans l'amphithéâtre (paranonfo) de l'université de Salamanque le 12 octobre 1936. C'est le recteur de l'université, le penseur et écrivain Miguel de Unamuno qui lui répondit : "Je viens d'entendre un cri morbide et dénué de sens..." En 1913, il avait publié Du sentiment tragique de la vie. Reclus de force dans sa maison, il mourut de chagrin, le 31 décembre 1936.



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Posté le 24/01/2006 à 21:56:00 (id:18206)
Millán Astray et Unamuno (photo)
Millán Astray et Unamuno (photo)
Millán Astray et Unamuno



J'ignore s'il s'agit de la journée du 12 octobre 1936...
mais cela en a tout l'air : l'épouse de Franco à gauche, Unamuno au centre,
un personnage, et Astray avec son bandeau à l'oeil. L'image ne comporte ni mention de sa source première ni légende.
MR




- source internet de l'image :
http://www.lalegion.com...oria/millan_unamuno.htm



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Posté le 24/01/2006 à 21:54:43 (id:18205)
Je viens d'entendre un cri morbide et dénué de sens (Miguel de Unamuno)
Je viens d'entendre un cri morbide et dénué de sens (Miguel de Unamuno)
Miguel de Unamuno






«Je viens d'entendre un cri morbide
et dénué de sens»

12 octobre 1936, à l'université de Salamaque, en réponse au cri
du général Millán Astray "Vive la mort !"

Miguel de Unamuno, 1936



Le plus grand discours politique du XXème siècle en est aussi le discours le plus court.
Oeuvre d'un philosophe immergé dans la catégorie de l'action au dernier degré quand il le prononce. Situation assez rare pour un philosophe. De là sans doute sa force stupéfiante, surpassant en courage et en intelligence ce qu'on peut entendre d'ordinaire en cette fin de siècle.
Le discours, contextualisé par Frédéric Rossif et traduit par Madeleine Chapsal pour le film «Mourir à Madrid»:

«Franco déclare : «Je ferai, s'il le faut, fusiller la moitié de l'Espagne.»
Personne ne répond. Personne ne proteste. Sauf un homme. Le vieux philosophe Miguel de Unamuno, (...) recteur de l'Université de Salamanque, maître à penser de sa génération, resté à la tête de son université en territoire nationaliste. Le «Jour de la fête de la race» à Salamanque, dans le grand amphithéâtre de l'Université, le général franquiste Millán Astray, mutilé de guerre injurie la Catalogne et le Pays Basque, tandis que ses partisans hurlent : «Vive la mort !».

Unamuno se lève lentement et dit : «Il y a des circonstances où se taire est mentir. Je viens d'entendre un cri morbide et dénué de sens : vive la mort ! Ce paradoxe barbare est pour moi répugnant. Le général Millán Astray est un infirme. Ce n'est pas discourtois. Cervantes l'était aussi. Malheureusement, il y a aujourd'hui, en Espagne, beaucoup trop d'infirmes. Je souffre à la pensée que le général Millán Astray pourrait fixer les bases d'une psychologie de masse. Un infirme qui n'a pas la grandeur d'âme d'un Cervantes recherche habituellement son soulagement dans les mutilations qu'il peut faire subir autour de lui.»

S'adressant ensuite personnellement à Millán Astray : «Vous vaincrez, parce que vous possédez plus de force brutale qu'il ne vous faut. Mais vous ne convaincrez pas. Car, pour convaincre, il faudrait que vous persuadiez. Or, pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la Raison et le Droit dans la lutte. Je considère comme inutile de vous exhorter à songer à l'Espagne. J'ai terminé.» Consigné sur ordre à son domicile, Miguel de Unamuno mourut le coeur brisé, quelques semaines plus tard.»
Mourir à Madrid, de Frédéric Rossif et Madeleine Chapsal. Ed. Seghers (Prix Jean Vigo 1963) p.73-74.



- sources de cet article, le livre de Frédéric Rossif et Madeleine Chapsal, Mourir à Madrid, cité snotamment par :
http://yves.frisch.free.fr/unamuno.html
http://www.legrandsoir....le.php3?id_article=2859

- autres sources (en langue espagnole) :
http://www.terra.es/personal/waffen31/unamuno.htm
http://www.almargen.com...oria/unamuno/index.html
http://lang.swarthmore..../espanol_11/unamuno.htm
http://www.epdlp.com/escritor.php?id=2378
http://lacucaracha.info...36/october/index_es.htm
http://www.margencero.c...os2/unamuno_portela.htm

- deux versions différentes de la polémique Unamuno/Millán Astray (en langue espagnole) :
http://www.nodo50.org/t...cle.php3?id_article=624



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Posté le 24/01/2006 à 19:20:36 (id:18186)
Canción de jinete (Federico Garcia Lorca) - chanson du cavalier (traduction)
Canción de jinete (Federico Garcia Lorca) - chanson du cavalier (traduction)
Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?


Canción de jinete - chanson du cavalier


Federico GARCÍA LORCA (1898-1936)



canción de jinete (1860), 1923

En la luna negra
de los bandoleros
cantan las espuelas.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?

Las duras espuelas
del bandido inmóvil
que perdió las riendas.

Caballito frío.
¡Qué perfume de flor de cuchillo!

En la luna negra
sangraba el costado
de Sierra Morena.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?

La noche espolea
sus negros ijares
clavándose estrellas.

Caballito frió.
¡Qué perfume de flor de cuchillo!

En la luna negra,
¡un grito! y el cuerno
largo de la hoguera.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?




Chanson du cavalier

Sous la lune noire
scintillent les éperons
des écumeurs

Petit cheval noir
Où donc mènes-tu ton cavalier mort ?

Les éperons raides
du bandit immobile
qui a laché les rênes

Petit cheval transi
Parfum de fleur de lame !

Sous la lune noire
saignait le flanc de
la Sierra Morena

Petit cheval noir
où donc mènes-tu ton cavalier mort ?

La nuit éperonne
ses flancs noirs
et se pique d'étoiles

Petit cheval transi
Parfum de fleur de lame !

Sous la lune noire
un cri ! et la corne
longue du bûcher

Petit cheval noir
où donc mènes-tu ton cavalier mort ?
traduction : Michel Renard
décembre 2005
merci à mon ami Gabriel Martinez-Gros
pour ses suggestions correctives



3 janvier 2006
Je viens de trouver le volume II des Poésies de Garcia Lorca dans la collection "Poésie/Gallimard". Y figure une traduction de la Canción de jinete due à André Belamich. Une poésie, plus encore qu'un roman, n'est jamais redevable d'une seule traduction. Et je ne discuterai pas celle d'André Belamich, grand traducteur de Lorca. J'expliquerai seulement mes choix. (MR)

Voilà la traduction de la Canción de jinete par André Belamich :

Sous la lune noire
des pillards de route
tes éperons sonnent...

Petit cheval noir
où emportes-tu ton cavalier mort ?

...Tes éperons,
brigand immobile
qui perdis les brides.

Petit cheval froid
quel est ce parfum de fleur de couteau ?

Sous la lune noire
la Sierra Morena
a son flanc qui saigne.

Petit cheval noir
où emportes-tu ton cavalier mort ?

Là-haut, la nuit plante
à ses côtes noires
des éperons d'astres.

Petit cheval froid
quel est ce parfum de fleur de couteau ?

Sous la lune noire
un cri ! et la corne
d'un feu de montagne.

Petit cheval noir,
où emportes-tu ton cavalier mort ?

Federico Garcia Lorca, Poésies II. Chansons, Poèmes du Cante Jondo, Romancero gitano,
préface de Jean Cassou, trad. A. Belamich, P. Darmangeat, J. Supervielle et J. Prévost,
NRF-Gallimard, 1966, éd. 2005, p. 45-46.




Choix de traduction


Première strophe
André Belamich est resté près du sens littéral de cantan et a privilégié la sonorité en traduisant par sonnent. On peut cependant se demander comment des éperons peuvent-ils "sonner"...? J'ai opté pour la vision et non la sonorité, en traduisant cantan par scintillent parce que cette première strophe est placée sous le signe de l'astre lumineux nocturne. Il est vrai que luna negra signifie, en réalité, la nouvelle lune et donc que l'astre est invisible dans le ciel. Mais j'ai préféré conserver ce registre et faire contraste entre le noir de la lune et le scintillement des éperons. On trouve d'ailleurs dans plusieurs poèmes de Lorca cette production de lumière à partir de son absence. Ainsi, dans "le caillou veut être lumière" : Le caillou veut être lumière./ Il fait luire en l'obscurité/des fils de phosphore et de lune.

Quatrième strophe
J'ai préféré la nuit éperonne à la nuit plante pour respecter l'étymologie identique de espuela (éperon) et espolear (éperonner).
J'ai également préféré flancs à côtes pour rester dans le parallélisme d'image entre l'astre et le cheval (on parle plus facilement des "flancs" d'un cheval).

Cinquième strophe
André Belamich a traduit el cuerno largo de la hoguera par la corne d'un feu de montagne... J'ai préféré la corne longue du bûcher et y voir une évocation du "San Benito" des condamnés de l'Inquisition promis au feu ; ou une allusion, certes un peu confuse, à deux symboles de l'Espagne : la corne du taureau et, là encore, le bûcher de l'Inquisition, deux pourvoyeurs de mort, la mort étant le thème moteur de ce poème.
Michel Renard



- sur Garcia Lorca :
http://www.apaloseco.com/fr/garcia-lorca.htm

- Les chemins sous la lune du poète :
http://www.espritsnomad...rature/garcialorca.html

- poèmes de Lorca traduits en français
http://perso.modulonet....derico-garcia-lorca.htm

- notes sur quelques poèmes de Lorca :
http://perso.wanadoo.fr...vel/josepe/leschans.htm

- su vida :
http://users.fulladsl.b...7/cultural/fglorca.html

- el texto de la "canción de jinete"
http://luis.salas.net/fglc0401.htm

- le chanteur Paco Ibanez interprète "canción de jinete" :
http://www.amazon.fr/ex...1ez/402-4988201-8094559
http://www.amazon.fr/ex...NJA/402-4988201-8094559
http://217.126.124.205/...temas.asp?tema=00011776
http://www.galileo-mc.d...-mc/cd.php?formatid=409



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Posté le 26/12/2005 à 23:29:07 (id:12989)
Le site "Espagne au coeur" de Charles Farreny
Le site
Affiche de la Constitution républicaine de 1931



Le site de Charles Farreny : "Espagne au coeur"



Charles Farreny est le fils d'un couple d'Espagnols réfugiés, arrivés en France en 1939. Professeur de mathématiques au Lycée Clément Marot de Cahors, il a consacré un site à la République espagnole (1931-1939) et la guerre civile (1936-1939) qui y a mis un terme. Site magnifique également.

http://site.voila.fr/espana36/index.htm



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Posté le 26/12/2005 à 23:15:03 (id:12988)
memoria republicana - un site très documenté sur la guerre civile espagnole
memoria republicana - un site très documenté sur la guerre civile espagnole
frente Murcia, sur le front de Murcie




Memoria republicana


Un site magnifique, très documenté en photographies, sur la guerre civile espagnole :


http://www.sbhac.net/Memoria.htm



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Posté le 26/12/2005 à 17:23:46 (id:12979)
Carte des Espagnes
Carte des Espagnes
carte des régions d'Espagne



carte et paysages d'Espagne



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Posté le 26/12/2005 à 17:19:23 (id:12978)
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